
Joies et peines à San Pedro de Atacama...
Après avoir quittés mes amis en Bolivie, je me suis rendu dans cette ville qui a tous les défauts: petite, au milieu du désert et proche des frontières, donc chère, et aussi remplie de gringos comme moi. J'ai planté ma tente de camping tout seul comme un grand (une première, j'étais si fier!) et j'ai fait le tour de la ville. C'était rapide. Il y a néanmoins plein de choses à faire dans les alentours, des geysers, des vallées lunaires, etc. Mais les tours sont très chers et une fois qu'on fait le Salar de Uyuni, ce n'est plus très intéressant. J'ai fait le musée Gustavo Lo Paige, qui détaillait l'histoire de la culture atacameña, et montrait les instruments qu'ils utilisaient pour sniffer des substances hallucinogènes importées d'Argentine. Ils avaient de très belles pailles à sniffer, j'en ai même acheté une au marché artisanal!
La ville a quand même la particularité d'être sous l'un des cieux les plus propres du monde et il existe un tour d'observation des étoiles. J'y suis allé, et j'ai été enchanté. Pendant deux heures, on a pu utiliser des petits, mais puissants télescopes pour scruter Mars, Saturne, des nébuleuses... Sur l'un des télescopes, on pouvait même utiliser l'appareil photo, ce qui m'a permis de prendre cette photo de la Lune:
Et à la fin du tour, on a eu droit au meilleur chocolat chaud que j'ai bu depuis des mois.
Le lendemain, j'ai décidé de tenter ma chance à l'autostop. Malheureusement, je suis arrivé trop tard (après 10h, il n'y a plus grand monde qui se lance vers l'Argentine) mais j'ai rencontré un Argentin très sympathique, Coky, avec qui j'ai passé des heures à discuter devant les services de la douane. A 8h du soir, quand leurs bureaux fermaient, on est allé planter notre tente dans le camping le plus pourri de la ville et on s'est offert un très bon restaurant, quand bien même on était crade, couvert de poussière.
Le matin suivant, on a réessayé très tôt et on a trouvé des gens qui ont accepté de nous emmener. Malheureusement, celui qui s'était engagé à prendre Coky s'est ravisé, et le mien est parti sans moi (le sale connard d'enculé de sa mère de merde!!). Coky a pu trouver quelqu'un d'autre pour l'emmener, mais pour moi, il était trop tard, alors que j'avais déjà fait mes papiers. J'ai tenté sur la route, en vain. Le fait d'être dans un désert et de vouloir passer une frontière n'aide pas. Au final, j'ai fait annuler mon tampon de sortie et j'ai acheté un billet très cher pour le bus qui partait 3 jours après (il y a très peu de bus ici, apparemment c'est voulu, peut-être pour piéger les touristes).
Pendant 3 jours, je me suis bien fait chier. Littéralement: j'ai chopé la diarrhée. Aussi, j'ai perdu ma plume (de ma tresse) et je devais dépenser une somme révoltante pour pouvoir manger ou aller sur le net. Pire, je n'avais pas envie d'interagir avec les gens que je rencontrais et je commençais à me dire que j'étais complètement antisocial. J'ai commencé par faire une marche en dehors du village et la beauté du Désert d'Atacama m'a fait du bien.
Puis je suis rentré dans ce petit commerce qui vendait les plus beaux (et les plus chers aussi!) panchos que j'ai jamais vus. J'ai parlé avec le vendeur qui était très sympathique, et on a discuté comme ça pendant plus d'une heure de la culture locale, de l'Europe, etc. Ca m'a rassuré: je ne suis pas antisocial, juste sélectif vis-à-vis de mes interlocuteurs, ce qui me paraît sain :)
Quand le jour du départ est arrivé, je n'ai pas dormi de la nuit. Je n'avais pas de réveil et j'étais effrayé à l'idée de rater le bus. J'ai remballé ma tente très vite et je suis arrivé le premier à la station. J'ai quasiment atteint l'orgasme quand on a passé la douane. Haaaaaa!!!

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