
Pour préparer mon voyage en Amérique Latine, je me mets à lire des livres d'auteurs sud-américains. J'ai commencé par Cent Ans de Solitude, de Gabriel García Márquez. C'est un livre assez long et sachant que je lis très lentement, ça m'a pris énormément de temps pour le finir. Ce livre est considéré comme une oeuvre majeure de la littérature d'Amérique Latine et c'est en partie grâce à lui que l'auteur a reçu un prix Nobel.
Perso, j'ai trouvé que c'était un livre agréable à lire, surtout très perspicace dans sa façon de relater la routine, les obsessions et les superstitions de tous ces personnages, mais je ne l'ai pas trouvé extraordinaire. C'est l'histoire de cette famille qui fonde un village et on suit l'histoire des différentes générations qui se succèdent. C'est d'ailleurs assez perturbant parce qu'il y a beaucoup de personnages et ils portent quasiment tous les mêmes noms. Il est question d'alchimie, de révolutions, d'inceste, d'ascension divine... Tous ces éléments sans rapport s'enchevêtrent pour créer cette histoire sympathique mais... complètement dépourvue de sens. La fin confirme d'ailleurs clairement cette impression.
L'ironie veut que García Márquez n'a jamais vraiment compris lui aussi le succès de ce livre en particulier. Il a même déclaré:
La plupart des critiques ne se rendent pas compte qu'un roman tel que Cent Ans de Solitude est un peu une blague, rempli de signaux à des amis proches.
Quelque part, ça me rassure qu'il ait dit ça!
Je voudrais cela dit partager un passage, parmi d'autres, qui m'a plû:
En réalité, Remedios la Beauté n'était pas une créature de ce monde. Jusqu'à ce qu'elle ait bien entamé sa puberté, Santa Sofía de la Piedad devait la laver et l'habiller, et même quand elle fut capable de prendre soin d'elle-même, il était nécessaire de la surveiller afin qu'elle ne se mette pas à peindre de petits animaux sur les murs avec un bâton couvert de ses propres excréments. Elle atteint la vingtaine sans savoir comment lire ou écrire, incapable d'utiliser l'argenterie à table, errant nue dans la maison parce que sa nature rejetait toute sorte de convention. Quand le jeune commandant de la garde lui déclara sa flamme, elle le rejeta simplement parce que sa frivolité l'effarouchait. "Regarde à quel point il est niais", dit-elle à Amaranta. "Il dit qu'il se meurt à cause de moi, comme si j'étais une mauvaise colique." Quand, au final, on le trouva mort sous la fenêtre de la jeune femme, Remedios la Beauté confirma sa première impression.
"Tu vois", commenta-t-elle. "C'était un vrai nigaud."

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