La crise, la crise... Tout le système libéral est remis en question en ce moment et la gauche de la gauche sort revigorée de ce krach mondial. Le congrès du Parti Socialiste, qui désignera le prochain chef de la gauche, approche à grand pas, et la crise va sûrement peser dans le choix des militants. Parmi les 4 principales motions, voici ce qui se dessine à mes yeux:
- Bertrand Delanoë, le favori, a été honnête en se disant "socialiste et libéral" mais s'est grillé avec la crise, bien que sa motion parle, comme toutes les autres finalement, de régulation du système financier. Son association avec François Hollande, qui représente le passé et l'échec, ne m'enthousiasme pas.
- Ségolène Royal est, comme toujours, incernable. Est-elle libérale comme elle le disait pendant la campagne présidentielle, ou est-elle anti-libérale comme elle le dit après le "coming-out" de Bertrand Delanoë? Est-elle candidate au poste de Premier Secrétaire du parti, comme elle le laisse entendre avec son "rassemblement de la Fraternité" ou bien a-t-elle mis sa candidature au Frigidaire? Tout ce cafouillage semble montrer qu'elle n'a pas tiré les leçons de son échec l'an dernier: elle n'a pas de positionnement clair, ni de stratégie affinée.
- Martine Aubry peine à se démarquer clairement dans les sondages, elle s'est alliée avec les fabiusiens et les strauss-kaniens. Là encore, on a un appareillage qui ressemble beaucoup à la machine à perdre actuelle.
- Benoît Hamon, qui représente la gauche du parti, est la surprise de ce congrès. Son positionnement anti-libéral lui permet d'être plus crédible que ses rivaux face à la crise. Par ailleurs, n'étant nullement lié, de près ou de loin, à la jospinie, il incarne une nouvelle génération, comme Obama avec Hillary Clinton. Cela dit, ses tendances "jeunistes" (les 15 porte-parole de sa motion ont au maximum la trentaine) m'agacent un peu. Son alliance à Jean-Luc Mélenchon aussi, qui est très extrême dans ses positionnements, m'inquiète.
Néanmoins, voilà, je suis très tenté par la motion "Un monde d'avance" portée par Benoît Hamon. Il faut dire que je suis outré, ulcéré, limite traumatisé par le plan de sauvetage des banques. Tout cet argent pour sauver le système quand il pourrait servir à régler le problème de la faim dans le monde, ça me dégoûte.
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