

La vie vous joue parfois de drôles de tours.
Le jour où j'acceptais et où je décidais ENFIN (!) d'aller de l'avant (et que je faisais un régime et que j'allais au sport aussi!), j'ai fait une hémorragie interne et j'ai été transporté d'urgence aux A&E.
J'ai reçu les coups de fil et les visites de plusieurs personnes ce jour-là, c'était bien. Mais pour être honnête, tout ce que j'avais en tête à ce moment-là, c'était le coup de fil que je devais lui passer. L'accident avait changé la donne. Dès que j'ai pu, je lui ai envoyé un message pour lui dire la situation. Et il a rappelé direct! J'étais tellement content qu'il me rappelle aussi soudainement, ça voulait dire qu'il ne s'en foutait pas de moi, du moins, pas tant que ça!
Après avoir tourné autour du pot au téléphone pendant une demie-heure, j'ai foncé dans le tas. Je me suis d'abord excusé de tirer avantage de mon statut de patient en soins intensifs (hé, il fallait bien que cette hémorragie me serve à quelque chose, merde!), et puis je lui ai dit que je voulais le voir.
Prononcer ces mots a été libérateur. Je ne me posais plus la question de savoir si je l'emmerdais ou pas, si j'étais pathétique ou pas, si ça allait marcher ou pas, j'étais juste honnête, clair et ouvert. (Sans vouloir dramatiser, je pense que c'est la première fois que je me suis ouvert à un autre homme de cette façon.) Mais ce n'est qu'alors que j'ai compris que je demandais quelque chose d'impossible. Il y a eu quelques secondes de silence très lourdes et il m'a expliqué que ce n'était pas possible. Je me suis alors immédiatement refermé, je me suis replié sur mes réflexes, je me suis dit que je ne devais pas être encore plus chiant que je ne l'avais déjà été et j'ai simulé l'indifférence.
A l'hôpital, toute la nuit, je n'ai pas arrêté de penser à lui. De toutes façons, avec toutes ces aiguilles et ces électrodes à la con, il m'était impossible de dormir! Je n'avais plus le choix. Je devais me résigner et me soumettre à ce qui s'imposait à moi. Je devais rompre tout lien avec lui parce que le simple fait de voir son nom apparaître sur une page web me rendait dingue, et qu'il n'y avait à présent plus aucune raison d'espérer.
Je savais que j'allais tomber sur son répondeur. J'avais tellement dû le faire chier, il a préféré ne pas répondre! Ca m'arrangeait. Je me suis donné pour consigne d'être concis et honnête. Je lui ai d'abord souhaité bonne chance. Puis je lui ai dit que je voulais couper les ponts parce que je n'arrêtais pas de penser à lui alors que je devais aller de l'avant.
Ah... Il y a mille choses que j'aurais voulu pouvoir dire. Mais ça ne servait à rien. Alors tout ce que je n'aurai pas pu lui dire, je le dis ici.
J'ai un peu bégayé, j'ai cafouillé, je voulais être rapide pour ne pas l'emmerder mais je ne faisais que m'emmêler les pinceaux. Quand j'ai raccroché, je me suis senti très con, mais surtout, très frustré. Il m'a envoyé un SMS juste après pour me dire qu'il comprenait. J'ai trouvé ca sympathique de sa part. J'avais l'air bien, sur mon lit d'hôpital, au milieu des vieux, à mettre un terme à une relation qui n'avait existé que de mon côté.

Commentaires
Bon il y a sûrement un bon côté des choses à tout cela...mais si il y en a toujours un !
N'empêche que tu pourrais envoyer sa photo à tes lecteurs assidus d'autant plus que tu as nos adresses e-mail (même si c'est du baffouement (si si du baffouement=D ) de la vie privée, autant que ca serve)!
Non parce que sincèrement nous raconter tout ça, sans pouvoir mettre un put*** de visage sur cette put*** d'obsession ça me bouffe.
Je note.
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