
Je donne de l'argent à une association pour l'environnement depuis quelques mois et j'ai reçu une invitation pour une conférence avec George Osborne, le Shadow Chancellor.
Petite explication sur cette fonction. Le Shadow Chancellor est un membre de l'opposition qui fait partie du Shadow Government, un groupe de parlementaires censé former une sorte de contre-gouvernement. Le Chancellor en Grande-Bretagne correspond au ministre de l'économie et il est toujours le numéro 2 de l'équipe. (C'est à quel point l'économie est un sujet important pour les britanniques.) Ainsi Mr Osborne pourrait être le prochain ministre de l'économie du Royaume-Uni si la droite remporte les prochaines élections.
Tout d'abord, j'ai trouvé très intéressant d'écouter le point de vue des conservateurs sur les solutions pour lutter contre le changement climatique. Utiliser les mécanismes du marché, etc. (Oui, c'est à peu près tout ce que j'ai retenu. Pour lire le discours complet, cliquez ici.) Ensuite, j'ai trouvé ça comique quand il balançait des vannes sur la gauche au pouvoir, en dépeignant le New Labour comme le parti qui crée des "taxes inefficaces", ce qui n'est finalement pas si faux quand on voit que certains membres de l'équipe gouvernementale actuelle se désavouent eux-mêmes. Enfin, j'ai été très impressionné par le niveau de connaissances de ce mec. Les personnes présentes dans la salle étaient toutes très calées (le chef d'une commission parlementaire ici, le PDG d'une boîte dont j'ai oublié le nom là, la chargée des relations publiques d'une petite boîte qui se lance dans l'énergie propre derrière, une journaliste de la BBC devant), je me suis vite senti dépassé par le niveau du débat mais le mec est parvenu à répondre de façon très précise à la plupart d'entre eux. J'étais sidéré.
Même si aucune élection générale n'a encore été appelée, les Tories (l'autre nom des conservateurs au Royaume-Uni) sont déjà en campagne électorale. David Cameron, le Shadow Prime Minister, a le vent en poupe et à en écouter les médias et à sentir l'atmosphère dans la salle, tout le monde s'attend à ce qu'il devienne le prochain dirigeant du pays. Il est peu probable que la gauche se remette sur pieds d'ici le prochain scrutin, parce qu'elle n'a plus d'idée en ce moment et qu'elle se contente de suivre les sondages et de copier la droite. C'est là qu'on voit, finalement, les pièges du centrisme, de la social-démocratie et de la "troisième voie". Osborne m'a semblé plus motivé pour combattre le réchauffement climatique que le New Labour dont je me demande encore qui en est le ministre de l'environnement.

Commentaires
Enfin n'étant pas un grand fan de la politique (peut-être les séquelles inconscientes de ce qu'on a pu voir en France et de ce que l'on voit encore), je dois avouer que l'Angleterre se résume à ce niveau à Margareth Thatcher et Tony Blair, cela dit une question:
Shadow government/chancellor. C'est pas un peu humoristique? Ca me fait penser au côté sombre de la force (et pourtant je ne suis pas fan des guerres de l'étoile non plus).
Quant au comique du terme "shadow", il n'a pas d'effet comique chez les britanniques, "shadow" referant plus au cote "double" voire "miroir" qu'a l'obscurite (pour laquelle on utiliserait plutot "dark").
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