Catégorie "Voyage Voyage"
Mon expérience du Chili à San Pedro de Atacama ne m'avait pas suffi, alors je suis allé faire un tour improvisé à Valparaíso... et je n'ai pas été déçu! Celui qui était en charge de l'urbanisation s'est bien planté... et c'est tant mieux!
J'ai voyagé pendant la nuit depuis Mendoza, où j'avais laissé mon gros sac, et je suis arrivé à 5h du matin. J'ai traîné dans les rues à la recherche d'un café et de toilettes, entre des mecs un peu éméchés et des prostituées très sociables. Je n'étais pas très emballé à ce moment-là.
Quand le soleil a commencé à se lever, j'ai marché le long de la côte. Il faut savoir que la ville est constituée de bâtiments très divers, aglutinés sur une côte en forme de demi-cercle et transformée en port géant. Et on y trouve de tout! Des monuments de la colonisation espagnole,
des HLM,
des églises,
des maisons de toutes les couleurs,
des grafittis en tout genre (et toute taille),
des ascensores (ces espèces de cabines centenaires qui servent à monter sans effort sur les collines abruptes de la ville)
mais aussi le Parlement National. C'est un beau bordel (dans le bon sens du terme).
Il règne une douce ambiance bobo, très Montmartre. Je suis tombé par hasard dans une boutique qui vendait de jolis cartes postales de la ville. La gérante m'a alors appris que le dessinateur était de France. Puis elle m'a appris qu'elle avait elle-même vécu en France car elle avait dû s'exiler lors de la dictature Pinochet. J'avais lu La Maison Aux Esprits d'Isabel Allende, et ça parlait de l'avènement de la dictature, et du sort réservé aux opposants, mais rencontrer une personne qui est passé par là, ça m'a fait un choc. Quand bien même on a pas beaucoup parlé (j'avais l'impression qu'elle n'avait pas envie d'en dévoiler plus sur le sujet, ce que je comprends), j'ai été impressionné.
Les musées les plus importants étaient tous fermés pour une raison ou une autre, l'un d'entre eux à cause du récent tremblement de terre qui a secoué le Chili, m'ont dit quelques retraités: "Le tremblement de terre? Nous ici, on est habitués!"
Mon seul regret est de ne pas avoir pu rester ici plus d'une journée et profiter de l'alléchante nuit valparaïsienne...
Après plus de 20 heures de voyage (heureusement qu'ils ont passé Sherlock Holmes, j'ai pu amplement apprécier le "jeu d'acteur" de Robert Downey Jr. et Jude Law), je suis arrivé à Mendoza en pleine semaine sainte, c'est-à-dire que toutes les auberges étaient pleines ou chères. M'enfin...
Je suis allé voir ce que donnait Pâques ici et après un passage dans le bus (j'avais l'argent mais pas de monnaie et des jeunes mendociños m'ont donné l'appoint, refusant tout remboursement, c'était trop gentil), je suis arrivé à côté d'une énorme queue de personnes voulant toucher la statue de la Vierge et de Jésus. Bon, les statues n'avaient rien d'extraordinaire, mais la taille de la foule, si!
Sur le chemin du retour, j'ai pu acheter plein de souvenirs au grand marché artésanal sur la Place de l'Indépendance.
Le lendemain, j'ai visité l'Eglise San Francisco et j'étais en colère car ils y faisaient ouvertement campagne pour la droite à la prochaine présidentielle, à cause du droit à l'avortement.
Puis je suis monté sur le Mont de la Gloire, en hommage à l'indépendance, à ses héros, mais aussi au Chili et au Pérou.
Juste à côté il y avait un zoo avec un nombre impressionnant de différentes espèces animales. J'ai ainsi vu des lions...
...mais aussi des condors!
Bon, les pauvres avaient l'air de bien se faire chier là, et puis ils ne volaient pas :(
J'étais très heureux de quitter le désert ultra-sec d'Atacama, et Salta m'a fait du bien. Une ville sympathique, des gens chaleureux, un parc tranquille, de la bonne bouffe (glaces et empanadas...), etc.
J'ai pu jeter un oeil au travail des artistes contemporains de Salta, j'ai bien aimé les peintures de Martha Sanchez, qui me rappelaient les dessins de Giger pour le design d'Alien.
Je suis monté sur le mont Saint Bernard pour profiter de la vue de la ville, j'espère que ça m'a fait perdre les kilos pris avec les empanadas.
Bref, Salta n'a pas été une étape extraordinaire, mais bien reposante.
Joies et peines à San Pedro de Atacama...
Après avoir quittés mes amis en Bolivie, je me suis rendu dans cette ville qui a tous les défauts: petite, au milieu du désert et proche des frontières, donc chère, et aussi remplie de gringos comme moi. J'ai planté ma tente de camping tout seul comme un grand (une première, j'étais si fier!) et j'ai fait le tour de la ville. C'était rapide. Il y a néanmoins plein de choses à faire dans les alentours, des geysers, des vallées lunaires, etc. Mais les tours sont très chers et une fois qu'on fait le Salar de Uyuni, ce n'est plus très intéressant. J'ai fait le musée Gustavo Lo Paige, qui détaillait l'histoire de la culture atacameña, et montrait les instruments qu'ils utilisaient pour sniffer des substances hallucinogènes importées d'Argentine. Ils avaient de très belles pailles à sniffer, j'en ai même acheté une au marché artisanal!
La ville a quand même la particularité d'être sous l'un des cieux les plus propres du monde et il existe un tour d'observation des étoiles. J'y suis allé, et j'ai été enchanté. Pendant deux heures, on a pu utiliser des petits, mais puissants télescopes pour scruter Mars, Saturne, des nébuleuses... Sur l'un des télescopes, on pouvait même utiliser l'appareil photo, ce qui m'a permis de prendre cette photo de la Lune:
Et à la fin du tour, on a eu droit au meilleur chocolat chaud que j'ai bu depuis des mois.
Le lendemain, j'ai décidé de tenter ma chance à l'autostop. Malheureusement, je suis arrivé trop tard (après 10h, il n'y a plus grand monde qui se lance vers l'Argentine) mais j'ai rencontré un Argentin très sympathique, Coky, avec qui j'ai passé des heures à discuter devant les services de la douane. A 8h du soir, quand leurs bureaux fermaient, on est allé planter notre tente dans le camping le plus pourri de la ville et on s'est offert un très bon restaurant, quand bien même on était crade, couvert de poussière.
Le matin suivant, on a réessayé très tôt et on a trouvé des gens qui ont accepté de nous emmener. Malheureusement, celui qui s'était engagé à prendre Coky s'est ravisé, et le mien est parti sans moi (le sale connard d'enculé de sa mère de merde!!). Coky a pu trouver quelqu'un d'autre pour l'emmener, mais pour moi, il était trop tard, alors que j'avais déjà fait mes papiers. J'ai tenté sur la route, en vain. Le fait d'être dans un désert et de vouloir passer une frontière n'aide pas. Au final, j'ai fait annuler mon tampon de sortie et j'ai acheté un billet très cher pour le bus qui partait 3 jours après (il y a très peu de bus ici, apparemment c'est voulu, peut-être pour piéger les touristes).
Pendant 3 jours, je me suis bien fait chier. Littéralement: j'ai chopé la diarrhée. Aussi, j'ai perdu ma plume (de ma tresse) et je devais dépenser une somme révoltante pour pouvoir manger ou aller sur le net. Pire, je n'avais pas envie d'interagir avec les gens que je rencontrais et je commençais à me dire que j'étais complètement antisocial. J'ai commencé par faire une marche en dehors du village et la beauté du Désert d'Atacama m'a fait du bien.
Puis je suis rentré dans ce petit commerce qui vendait les plus beaux (et les plus chers aussi!) panchos que j'ai jamais vus. J'ai parlé avec le vendeur qui était très sympathique, et on a discuté comme ça pendant plus d'une heure de la culture locale, de l'Europe, etc. Ca m'a rassuré: je ne suis pas antisocial, juste sélectif vis-à-vis de mes interlocuteurs, ce qui me paraît sain :)
Quand le jour du départ est arrivé, je n'ai pas dormi de la nuit. Je n'avais pas de réveil et j'étais effrayé à l'idée de rater le bus. J'ai remballé ma tente très vite et je suis arrivé le premier à la station. J'ai quasiment atteint l'orgasme quand on a passé la douane. Haaaaaa!!!
Il y a beaucoup d'endroits que j'ai visités en Amérique Latine dont on me disait que c'était absolument fantastique, bla bla bla, et une fois sur place, je n'étais pas forcément ému. Mais le Salar de Uyuni était différent. C'était vraiment magnifique.
Tout d'abord, Ada et Peter avaient choisi l'agence, etc. Malgré avoir tout garanti avec eux (nombre de personnes dans la voiture, sites à voir, etc.), nous avons eu droit à quelques surprises. Si je peux donner un conseil à ce propos, il faut demander à l'agence de tout écrire noir sur blanc (destinations, bouffe comprise ou non, eau, logement, etc.) et confirmer avec le chauffeur le programme pour chaque jour. Malgré quelques désagréments, nous n'avons pas été déçus du voyage.
On a commencé avec le cimetière de trains,
puis on est arrivés sur le fameux Salar,
oú on a pu voir les salines.
On s'est rendus sur la rive pour dormir dans une auberge faite de sel,
et on est allé courir après les lamas,
avant de faire des photos sur le lac.
Le lendemain, on est allé voir des momies qui reposent dans une grotte,
et on est montés vers le volcan adjacent. Malheureusement, on n'a pas eu le temps d'aller jusqu'au cratère.
On s'est ensuite rendus à l'Ile du Poisson, qu'on a boycottés pour prendre plein de photos à la con.
Là, on a changé de voiture et on s'est rendus dans une autre auberge de sel.
Le troisième jour, on a vu des roches volcaniques près d'un volcan en activité,
on a déjeûné auprès des flamands,
puis j'ai réussi l'exploit de me taper la honte en plein milieu du désert en m'empêtrant dans un lac de soufre tout boueux.
Ensuite on a grimpé sur des roches perdues au milieu de nulle part,
et on a dormi près du Lagon Coloré.
Cette fois, on a eu droit à du vin!
Le lendemain, très tôt le matin, on a vu les geysers en action
de très près
et on est allé se baigner, malgré le terrible froid ambiant, dans des thermes.
Et enfin, nous avons vu le Lagon Vert et le volcan Licancabur.
On est alors arrivés à la frontière où j'ai dit au revoir à tout le monde
Et j'ai pris le bus vers le Chili...
Je ne suis resté qu'une journée à Tupiza. Si vous ne projetez pas de faire du cheval ou du vélo, ça ne vaut pas vraiment la peine, mais c'est très joli, un côté Far West qui rappelle que c'est la ville oú Butch Cassidy est mort.
Je voulais prendre le train de là-haut pour aller à Uyuni, qui est réputé pour les merveilleux paysages par lesquels il traverse. Malheureusement, il n'y a que des trains de nuit! Et comme j'ai acheté mon billet le jour-même, j'ai dû payer plus cher, etc. Bref, c'était l'horreur.
Mais au moins, j'ai pu arriver à Uyuni à temps pour retrouver Ada et Peter et faire le tour du Salar de Uyuni avec eux!
Sucre est la capitale constitutionnelle de la Bolivie, contrairement à La Paz qui en est la capitale administrative. La ville est belle et la vie est douce.
J'ai pu y visiter l'Eglise de la Merced oú j'étais tout seul. Je me suis permis de fumer une clope sur le toit.
J'ai rencontré un français très sympa avec lequel j'ai mangé dans les bons et cheap comedores du marché, et aussi vu la Tour Eiffel et les eaux dansantes du parc Bidule Truc.
J'ai aussi profité de l'opportunité pour faire du shopping et acheter des gringo pants, des pantalons que tous les touristes achètent. Mais les miens sont plus pétants!
On est vite partis pour Potosi, la ville la plus tragique d'Amérique du Sud. En effet, lorsque les conquistadors ont découvert les immenses réserves d'argent dans la montagne qui surplombe la ville, ils y ont exploité les esclaves dans des conditions épouvantables pour en extraire les minéraux. La ville est devenue le coeur économique du continent en très peu de temps. Mais dès que les ressources d'argent se sont épuisées, ce fut la chute. De nos jours, il y a encore des gens (voir des ados de 15 ans) qui vont travailler dans les mines, en coopérative, pour trouver d'autres types de minéraux. Il est possible de visiter ces mines et voir les gens y travailler mais on a préféré ne pas le faire. La ville est jolie, et pleine d'églises, construites par les chrétiens qui s'étaient enrichis sur le sang des esclaves.
Ada et Peter avaient décidé de se rendre directement à Uyuni tandis que je voulais voir Tupiza et on s'est donc dit au revoir là-bas.
J'ai visité la Maison de la Monnaie, oú ils nous ont expliqué beaucoup de choses sur l'histoire de la ville, du pays, si ce n'est du continent.
Et puis je suis parti seul vers Tupiza...
Pendant un voyage en bus de 18 heures entre la montagneuse La Paz et l'amazonienne Santa Cruz, on a été surpris par la chaleur.
Après une journée là-bas, on a vite compris qu'on avait pas grand chose à y faire et on est partis pour Samaipata. (J'ai quand même pris le temps de photographier un soldat devant la mairie, hi hi hi!)
Samaipata est très touristique car on peut y visiter le parc national Amboro ou faire la dernière route du Ché, et les prix sont très hauts. Mais il y a quelque chose d'incontournable: la meilleure boulangerie française de Bolivie!
Bizarrement, la ville paraît très calme, mais il se dit que c'est la plaque tournante de la marijuana.
Les cascades de je ne sais plus quoi ne sont pas forcément impressionnantes, mais belles et surtout, fortes!
On y a trouvé Luna par hasard, une amie rencontrée à Rhiannon, et on est partis ensemble visiter les ruines d'El Fuerte (encore une fois, pas très impressionnant) et on y a campé. Luna est sans doute l'une des personnes qui m'auront le plus marqué lors de ce voyage.
Le dernier jour, nous avons aussi fait ensemble une randonnée dans un canyon, et on s'est pris une grosse saucée.
Et l'après-midi, je suis allé voir le refuge animalier de la ville, avec ses cochons et ses singes ultra-sociaux, dont mon amie Cheetah:
Dans la route vers La Paz, nous avons passé une rivière par bateau. Et comme il n'y avait pas de pont, le bus a pris une barque lui.
Ensuite, nous avons failli avoir un accident. Mais non.
Quand nous sommes arrivés à La Paz, nous avons été accueillis par la police qui nous a mis en garde contre les différents dangers de la ville, et nous a même recommandé des auberges.
Nous avons exploré le coin touristique, bien sûr, avec son "marché des sorcières" (qui sont plutôt sympas d'ailleurs),
son immense "marché noir",
ses jus de fruits bien frais multivitaminés à pas cher,
ses beaux monuments. A ce propos, la cathédrâle est située juste à côté du palais présidentiel, dont les façades sont criblées de balles!
J'ai visité le Musée d'Art National. Si le premier étage n'est pas très original, le second montre des oeuvres d'artistes bolviens modernes et explique l'évolution de la peinture nationale. Mais on ne peut prendre des photos que de la cour intérieure :(
Je suis allé aussi faire un tour au cimetière. Son organisation est tout simplement incroyable: on dirait des immeubles de cercueils, et ils sont organisés par rues!
Nous sommes aussi allés à Tiwanaku, le site pré-colombien le plus important du pays. Si le site lui-même est intéressant, mais sans plus, l'immense statue exposée dans le musée voisin, dont les gravures sont d'une précision capillaire, est impressionnante. Mais là encore, les photos n'étaient pas autorisées! Donc bah vous aurez droit une photo de la porte du soleil.
A défaut de relever le défi de la route la plus dangereuse du monde, Ada et Peter ont relevé le défi du curry le plus épicé du monde. Ils ont eu beaucoup de mal, mais ils l'ont fait!
J'ai tenté à nouveau de trouver une boîte gay, sans succès.
Je suis allé à la cinémathèque bolivienne, le ciné bobo de la ville, si ce n'est du pays, situé en plein dans la zone sud, le quartier riche, pour voir un film appelé Zona Sur, sur... le quartier riche de La Paz! C'était intéressant, même si je n'ai pas compris la moitié des dialogues.
Aussi, on voulait aller voir le "Catch des cholitas", qui met en scène des dames andines en costume traditionnel en train de s'écharper sur un ring, mais pour des raisons logistiques et éthiques, nous avons renoncé.
On a traîné un peu, dans un resto arabe et dans un club "indie"... C'était sympa. La Paz est une ville oú il y a beaucoup d'ambiance et on s'y amuse bien.
Après avoir passé la frontière bolivienne (on peut faire passer du San Pedro??), nous sommes allés à Copacabana, une autre ville au bord du Lac Titicaca, pour voir l'Ile du Soleil. La ville est petite et tranquille, il n'y a pas grand chose à y faire, si ce n'est visiter l'étonnante église dont l'influence maure est flagrante.
Et aller voir la petite chapelle à côté aussi.
Ainsi que le mirador.
On a passé quelques heures sur l'Ile du Soleil pour visiter les ruines. On a pu voir la Pierre Sacrée où le dieu Viracocha aurait donné naissance aux premiers Incas (même si la légitimité de cette légende fait débat).
On a fait trempette dans Titicaca vite fait, on aurait dû passer la nuit là-bas, c'était très sympa.
De retour à Copacabana, on s'est renseigné sur les bus, et on a appris qu'une grève commençait le lendemain, on a alors fait les sacs en moins de 30 minutes et on a filé vers La Paz.