Catégorie "Voyage Voyage"
Nous sommes arrivés à Cusco, l'ancienne capitale Inca, un mois après les intempéries qui ont fait déborder le fleuve Urubamba, faisant beaucoup de sinistrés et des victimes, et bloqué l'accès à Machu Picchu. Aussi cynique que ça puisse paraître, cela nous a permis de visiter la ville pour beaucoup moins cher, les touristes ayant déserté et la concurrence faisant rage. C'est ainsi qu'on a payé S/.10 pour une auberge au lieu de 25.
Nous avons pris des tours touristiques pas chers qui permettaient de voir les différents sites de la région très rapidement. Le problème, c'est qu'on n'a pas eu le temps de faire quoi que ce soit correctement. On a visité la Vallée Sacrée, mais on n'a pas pu voir, par exemple, toute l'ampleur d'Ollantaytambo.
Même chose quand nous avons pris le "city tour": après une visite guidée, nous n'avons eu droit qu'à une dizaine de minutes dans Qorikancha, qui était le centre religieux de l'empire Inca. J'ai quand même eu le temps de tomber sur une peinture qui représentait les constellations Incas.
On a fait aussi Chinchero, un village qui sert de réserve pour les descendants incas...
J'ai aussi visité les musées, etc. Le musée d'Art Contemporain était très intéressant car il montrait l'obsession des Péruviens avec l'empire Inca. Je ne commenterai pas plus dans ce billet parce que le sujet est complexe.
J'ai aussi fait mon tatouage.
Alors qu'on s'était décidés à partir, j'ai rencontré un Allemand qui m'a expliqué qu'il avait réussi à entrer dans Machu Picchu. Il m'a donné les infos et Ada, Peter et moi avons décidé de tenter notre chance. Après avoir passé un chariot-cable au-dessus de la rivière et assisté à des mini-glissements de terrain, on est arrivés derrière la montagne du Machu Picchu. Malheureusement, mes infos n'étaient pas complètes et étant donné les conditions climatiques et le genou de Peter, on a décidé de rebrousser chemin.
Mais on a alors découvert autre chose. Officiellement, le site est fermé pour des raisons de sécurité. Mais en discutant avec plusieurs personnes, on a appris qu'il y avait une histoire de monopole et c'est assez dingue. C'est terrible pour la région car le tourisme y est la principale ressource.
J'ai fait une petite donation aux sinistrés.
J'ai eu l'idée de me faire tatouer au Pérou, plus précisément à Cusco, parce qu'ils semblaient avoir de bons tatoueurs ici. Je me suis rendu à Mistical Tattoo, et j'y ai rencontré Christian, un tatoueur péruvien, marié à une Canadienne. Children of the Globalisation...
Je lui ai demandé un design, inspiré de la culture Chavin (mais si, ceux qui font du San Pedro!!), parce que ce que j'ai préféré dans tout ce que j'ai vu. Il m'a fait un dessin très vite et quelques jours plus tard, il m'a tatoué.
J'ai essayé de rester zen pendant les trois heures de travail...
En deux heures, les lignes étaient terminées.
Les Chavin vénéraient, entre autres, le serpent, le jaguar et le faucon. Ce dessin représente une chimère formée de ces différents animaux.
Ensuite, Christian a ajouté les ombres. Ca donne pas super sur la photo mais en fait, en réalité, ça passe bien!
Et dans le contexte des Andes, ça donne ça!
Je vais continuer les tatouages sur mon dos, je pense en faire un pour chaque continent habité que j'aurai exploré.
Vous vous souvenez d'Alizée? Mais si...
Depuis que je suis arrivé au Pérou, j'ai vu des photos d'Alizée partout. Non pas qu'elle soit célèbre ici... En fait, son visage pour toutes les enseignes... d'orthodontistes.
Ici, à Trujillo:
A Huaraz:
A Cusco:
Et j'en ai vu d'autres... Alors, Alizée a-t-elle un contrat avec l'association des dentistes du Pérou? A-t-elle été élue Miss Monde Dentaire? Ou s'agit-il tout simplement du hasard? Le mystère demeure...
Arequipa est surnommée la Ville Blanche parce qu'elle a été bâtie avec une roche volcanique spécifique à la région.
C'est aussi un point d'accès au Canyon du Colca, l'un des canyons les plus profonds du monde. Ada, Peter et moi sommes allés y faire un tour. On comptait faire 3 ou 4 jours mais le chemin était très rude, et le genou de Peter endommagé. C'est néanmoins l'un des endroits les plus magnifiques, et l'une des meilleures expériences que j'ai pu avoir. Entre ses paysages enchanteurs,
ses geysers,
ses villages perdus,
ses moutons antisociaux,
ses ponts incertains
et ses hôtels avec thermes!!
Le deuxième jour, Ada et moi sommes allés en solo voir la chûte d'eau au village de Fure et en revenant, on s'est perdus. On a dû faire du toboggan,
traverser des champs de cactus (aïe!!), puis on a décidé de prendre un raccourci en passant par les systèmes d'irrigation (ce n'était pas très sûr en fait!).
Mais le coup de grâce fut le lendemain, quand nous sommes repartis tous les trois vers la ville de Cabanaconde, non pas en marchant, mais en se rendant au "terminal bus". En arrivant là-bas...
...on s'est rendus compte qu'il s'agissait en fait d'un camion à bétail, utilisé par les villageois du canyon pour aller vendre leurs produits en ville. On s'est retrouvés à 45 dedans.
Peter a dû faire tout le voyage sur le bord du camion, Ada était au milieu des mamies qui dormaient par terre
et moi j'étais aussi debout.
Pendant 3 heures, on a roulé au bord du vide, dans un camion qui tanguait et qui a oublié une ou deux fois de mettre les freins quand le camion reculait en pente...
Un vrai calvaire! C'était néanmoins une véritable expérience... Et du camion, on a enfin pu voir un condor!!
Je me suis tapé de mégas-ampoules sur les deux pieds!
On a visité Cabanaconde, où un carnaval avait lieu.
J'ai aussi mangé de l'alpaca, et c'est super bon.
De retour à Arequipa, on a pu visiter de nombreux musées, dont le musée Santuarios dédié aux rituels Incas (en particulier les sacrifices humains), le musée d'Art Vice-royal, etc. Malheureusement, les photos étaient interdites.
J'ai aussi fait le musée d'Art Moderne, et c'était très intñeressant de voir comment un musée d'art fonctionne ici.
Et après ça, direction Cusco!
On est allés à Nasca pour découvrir la civilisation du même nom.
On a commencé par le cimetière de Chauchilla où de nombreuses momies très bien préservées reposent. Leurs chevelures sont généralement parfaitement conservées. (Ils avaient des méga dreadlocks.)
On a aussi pu voir des reproductions des sculptures de l'époque. J'ai beaucoup aimé le shaman avec ses cactus San Pedro sur les épaules.
Mais le plus important, ce sont les géoglyphes tracés par cette civilisation dans la région et qui n'ont été découverts qu'en 1920, puisqu'ils ne sont visibles qu'en altitude. Personne ne sait vraiment à quoi ils servaient. On a donc pris un petit avion (moi qui déteste ça, j'ai du prendre un calmant avant de décoller) et on a fait le tour des "lignes de Nasca" pendant une bonne demie-heure. A la fin on a tellement tourné qu'on avait envie de vomir mais ça s'est bien passé et c'était assez impressionnant. Oh, un condor!
Sinon, je me suis fait faire une trenza.
Ah, l'oasis de Huacachina... Comme c'est beau... Mais ça coûte la peau du cul!
On a trouvé des hippies péruviens (oh!) avec qui on est allé faire du San Pedro au milieu des dunes pour mon anniversaire. VIDEO!
Le lendemain matin, le retour fut difficile mais la vue sur l'oasis, sur la ville d'Ica, sur le désert, du haut de la colline de sable, était superbe. Malheureusement du sable était entré dans ma caméra et l'avait foutue en l'air. C'était très frustrant.
On est partis très vite, en passant par Ocucaje, un village perdu au milieu du désert, où Ada et Peter ont pu acheter du matériel pour faire des artesañas.
Après avoir pris un super bus de Huaraz (c'était ça ou attendre que la grève finisse...), on est passés en coup de vent à Lima: musée de l'Inquisition, cathédrâle (10 soles pour visiter une cathé!), le marché d'artesañas...
Je suis allé voir un taromancier parce que j'aimerais apprendre à lire le Tarot de Marseille. C'était sympa, il m'a prédit de bonnes choses, et dit que je devrais faire... du Reiki.
Le lendemain, on a vu le musée de la Nation, impressionnant par sa diversité. Malheureusement, on n'a pas eu le temps de tout faire parce qu'on devait sortir de l'hôtel et partir pour Huacachina.
J'ai aussi essayé d'aller voir un bar gay mais j'avais peu d'adresses et celle qu'on a décidé d'aller voir n'était "pas gay ce soir". Galère.
On est restés plus de 2 semaines à Huaraz. On était dans une super auberge pas chère (El Tambo, vivement recommandé), à côté du marché où tu peux facilement négocier les prix!
On a commencé par faire une soirée Pisco Sour avec l'aide de Mariela, la proprio de l'auberge. Ensuite, on a visité les ruines de Chavin (ouah!!), mangé du cochon d'inde et fait notre fameuse cérémonie San Pedro avec Manue, que j'avais retrouvée par hasard dans la rue.
Manue est partie, puis Luca aussi, avec Christophe et Baba (un couple de Français rencontrés à Huaraz), tandis qu'Ada, Peter et moi sommes allés voir le lac Llanganuco,
avons essayé la randonnée Santa Cruz (3 ou 4 jours, mais je suis tombé malade le premier soir, on a donc dû avorter),
et fait le Lagon 69.
Puis c'est Ada qui est tombée malade et on est donc restés à Huaraz le temps qu'elle récupère. Nous nous sommes livrés à d'autres expériences possibles au Pérou, avons squatté la salle DVD de l'auberge...
Je garderai un très bon souvenir de Huaraz et je recommande fortement!
Avant que je raconte toutes mes aventures à Huaraz, il faut que je parle de San Pedro.
A Huanchaco et à Huaraz, nous avons pu visiter Huaca de la Luna, de la civilisation Moche, et les ruines de Chavin. Ces deux civilisations, comme la plupart des civilisations pré-columbiennes, utilisaient San Pedro, un cactus ayant la particularité de secréter de la mescaline, une substance hallucinogène puissante, dans des buts divinatoires.
Partout dans la région, on trouve du San Pedro. Ca pousse comme ça, dans la nature et c'est parfaitement légal ici. D'ailleurs, les guides en parlent comme d'une medicina, censée purifier l'esprit.
Nous nous sommes alors dit qu'on devrait s'en procurer, curieux de voir les effets de cette substance sacrée par tant de peuples. Nous avions déjà acheté un petit bout de cactus au marché de Trujillo, et nous avons pris le reste dans la cour de la voisine.
Je ne raconterai pas comment nous avons préparé le cactus parce que je ne sais pas si c'est légal. Je peux vous dire que vous pouvez trouver des recettes pour cuisiner le San Pedro en 4 heures au lieu de 24 heures. Le mot magique est blender (mixeur).
C'est qu'on devait préparer de nombreuses doses aussi, il n'y avait pas que nous 5, il y avait aussi le couple de Français que nous avions rencontré dans l'auberge. Nous avons demandé à Mariella si nous pouvions nous servir de la salle télé pour faire notre cérémonie et elle était d'accord. J'ai aménagé la salle, mis des bougies, puis nous avons mis des matelas, tout pour qu'on puisse se sentir confortables. Le couple français nous a prêté des enceintes et nous avons ainsi pu mettre de la musique.
Nous avons commencé la cérémonie en donnant à chacun son San Pedro, en trinquant et en buvant. Il faut y aller doucement car trop vite, ça peut être dangereux. L'odeur du San Pedro est proche de celle de l'artichaut, mais le goût est absolument infâme. J'ai failli vomir à plusieurs reprises et ça nous a mis plutôt mis à l'aise. Le début était donc plutôt abrupte. Puis Manue s'est mise à rire...
Et puis j'ai mélangé la potion avec du jus de pomme, du chocolat au lait, du miel, du coca cola, de l'inca kola... Et puis...
On a passé le nouvel an à Huanchaco. On était sur la plage, au milieu des feux et des feux d'artifice, devant le Pacifique à nous balader.
On a rencontré beaucoup de gens très sympas, c'est une plage très prisée par les surfeurs, il fait beau, il faut chaud, etc.
On est allé visiter les ruines Chimu de Chan Chan, de la Huaca Arco Iris et la Huaca Esmeraldas. Chan Chan était le plus impressionnant, ne serait-ce que par sa taille. Les deux autres valaient moins la peine.
On a aussi visité les ruines Moche (prononcer "Motché"!!) avec la superbe Huaca de la Luna, le Temple où les Moches faisaient des sacrifices humains, qui n'a été découverte il y a seulement une vingtaine d'années.
Peter, Tadzjo et moi avons aussi monté la colline derrière les ruines, juste comme ça.
On a passé quelque temps à Trujillo, entre les deux milliards d'églises, les centres commerciaux labyrinthesques, les casinos, etc.
On était quand même contents de partir, parce qu'il reste tant à voir au Pérou.