Catégorie "Voyage Voyage"
C'est difficile en fait de faire un bilan de 6 mois de voyage! J'ai fait des tas de choses et j'ai découvert beaucoup, je me contenterai d'être, comme à mon habitude, expéditif et évasif.
Quand je regarde les photos prises à notre arrivée en Amérique Latine, j'ai l'impression que c'est tellement loin et en même temps, tellement proche. Si certains moments de mon périple ont été des déceptions, je ne m'attendais pas à sauter d'un pont, ni à être subjugué par la beauté du Salar de Uyuni, ni à me retrouver dans la jungle amazonienne pendant une semaine, et j'en passe!
Je savais que je n'aurais pas de révélation existentielle comme on le voit dans les films, j'ai cependant quand même changé. Mais pas à cause des destinations par lesquelles je suis passé, mais à cause des conditions du voyage: quand tu te retrouves à marcher pendant six heures dans le Canyon du Colca, loin des préoccupations quotidiennes et d'Internet, ça te donne beaucoup de temps pour réfléchir. J'ai eu certaines idées, établi certaines priorités, entrepris certains projets... Rien que pour ça, je recommanderais à tout le monde de partir en voyage pendant au moins 6 mois!
Je veux aussi voyager plus. Il reste TANT à voir! Donc, ceci n'était pas The Trip, c'était le tour de chauffe pour les prochains voyages!
Dernière étape du voyage, Rio...
J'ai été hébergé par la famille d'Ada, qui venait d'emménager à Copacabana, pendant deux semaines. Se lever le matin, se faire un smoothie puis se tremper dans l'eau transparente de l'Océan Atlantique, ah, c'était le pied!
Côté tourisme, j'ai visité le centre-ville et ses nombreuses églises,
la Place de la République où l'Indépendance du Brésil a été proclamée,
on y trouve d'ailleurs des chats et de curieux rongeurs à la pelle
la très originale Cathédrâle Métropolitaine,
le Musée d'Art Contemporain de Niteroi,
le tramway vers Lapa et Santa Teresa,
l'escalier de... euh... j'ai oublié le nom! Mauvais touriste!!
la plage d'Ipanema,
le jardin botanique,
et j'en passe.
Je me suis aussi fait percer!
Mais le mieux, c'était la fête! Malgré un budget inexistant, on s'est bien amusés! Tout d'abord, j'ai appris à faire de la caipirinha.
Ensuite, on est allés au concert gratuit de samba du groupe Casuarina,
Et la feira d'un autre truc dont j'ai oublié le nom aussi. C'est une foire qui célèbre la culture du Nordeste.
J'ai remercié la famille d'Ada avec, comme à mon habitude, une TARTIFLETTE! Tout le monde a apprécié.
Puis l'heure du départ est venue. Peter et moi sommes repartis vers l'Europe. Ada et moi avons eu notre petite larme puis on s'est dit au revoir. Snif...
Une fois à Paris, j'ai dit au revoir à Peter qui continuait vers Londres.
Ensuite j'ai pris le RER, puis le train pour Orléans et je me suis rendu compte à quel point j'aimais la France!!
Une heure de bus et j'ai marché vers la maison.
The Trip est bel et bien fini.
Après 18 heures dans le bus, je suis arrivé au croisement entre les frontières de l'Argentine, du Paraguay et du Brésil, à Puerto Iguazu, pour visiter les célèbres cascades.
Les cascades de la Gorge du Diable étaient impressionantes mais j'ai fait l'erreur d'arriver à l'heure de pointe, et c'était plein de touristes.
Le meilleur moment fut quand je suis allé voir le Salto Arechea, là où très peu de visiteurs s'aventurent. J'ai marché seul, dans la jungle tropicale, pendant plus d'une demie-heure pour me rendre à cette chute d'eau et c'était génial, je pouvais entendre les animaux, etc.
Une fois là-haut, je suis tombé sur, je pense, un petit couple homo de français. Des argentins sympathiques ont pris cette photo de moi:
Le soir, je suis allé aux trois frontières. Sur la photo suivante, vous pouvez voir en haut à gauche, le Paraguay, à droite, le Brésil, et en bas, l'Argentine. Et au milieu, MOI!!!
Le lendemain, j'ai fait un saut au Paraguay, à Ciudad del Este. C'est là où passe toute la contre-façon d'Amérique Latine, et elle attire de nombreux touristes économiques du Brésil.
Mais il y a aussi une très jolie cathédrâle!
Et puis je suis parti retrouver Ada, Peter et la famille d'Ada à Rio de Janeiro.
J'ai été hébergé à Buenos Aires par un charmant couple homo (Fernando et Rodrigo), leur ami Federico et leur chaton Maquiavel (qui s'est beaucoup amusé avec ma barbe). Ils ont été très sympathiques :)
La première chose qui frappe à BA, c'est la ressemblance avec les grandes villes européennes, en particulier Londres. Je n'étais donc pas très dépaysé.
J'ai pu y visiter le tombeau du Général San Martin, le libérateur de l'Argentine, au sein de la Cathédrâle...
entrer pour la première fois dans un palais présidentiel, en l'occurence, la "Maison Rose" d'oú gouverne Cristina Kirchner...
ouh, je pose avec un membre de la garde présidentielle...
et aussi l'Obélisque.
Alors que le pays était sous un régime militaire en crise, le chef de l'Etat a voulu rallier la population derrière lui en envahissant les Iles Malouines, qui étaient britanniques. Manque de bol, Margaret Thatcher venait d'arriver au pouvoir et elle n'avait pas l'intention de se laisser faire. Avec l'aide, entre autres, de la France et de la dictature chilienne, elle a repris les îles avec la main de fer qu'on lui connaît. N'empêche, les Argentins sont toujours amers à ce sujet. Plusieurs monuments y sont dédiés.
Il y a une réserve écologique en pleine ville, enfin, sur la côte.
J'ai aussi vu la tombe d'Evita.
J'ai été au très touristique Caminito, un coin où on trouve plein de restos chers où des professionnels dansent le tango. J'y ai essayé la légendaire viande argentine et le superbe vin et j'étais très vite bourré. Il y avait un gaucho très très sexy.
Quand un couple de danseurs a demandé qui voulait poser pour une photo, j'ai dit oui.
J'ai enchaîné avec la Fundacion PROA où, quelque peu emméché, je n'ai pas vraiment pu apprécier, mais j'ai acheté La Guerre des Pédés, de Copi.
J'ai aussi fait le Musée d'Art Latinoaméricain de Buenos Aires (Malba) mais je ne suis pas tombé de ma chaise non plus.
Encore bourré, j'ai même fait des bêtises dans les toilettes.
Je suis tombé par hasard sur une manif en soutien au gouvernement vis-à-vis de la Loi des Médias. Ca m'a fait plaisir de voir des gens se mobiliser.
Avec mes hôtes, nous sommes allés au festival du cinéma indépendant où on a vu Camila desde el alma, un documentaire sur un travesti argentin qui se trouve aussi être comédien. Grâce à son intelligence, sa culture et ses performances théâtrales, Camila a pu livrer un témoignage très intéressant et très fort sur sa condition.
Le samedi soir, je voulais explorer la scène gay argentine mais j'ai reçu de mauvaises nouvelles de France ce jour-là et puis mes hôtes n'étaient pas d'humeur fêtarde. J'ai considéré y aller seul mais je me suis dit que, Buenos Aires étant comme l'Europe, ce ne serait pas si intéressant.
J'ai à nouveau enfilé mon costume de Monsieur Tartiflette et j'ai préparé ce plat délicieux à mes hôtes (après avoir dépensé une fortune en fromage). La mère de Rodrigo était d'ailleurs présente et elle était extrêmement intéressante. On a ainsu pu parler de tas de choses pendant des heures, et j'ai remarqué que j'avais fait beaucoup de progrès en espagnol.
Samedi dernier, je me suis fait percer.
Je suis allé avec Ada et Peter au salon de piercing, j'ai choisi l'anneau, puis j'ai rencontré le perceur.
Il a constaté l'état de mon oreille...
Puis il a commencé à m'enfiler...
...une grosse aiguille. Ca ne fait pas mal en fait.
...et voilà! Je perpétue ainsi la tradition de l'homo avec la boucle d'oreille à droite. (Ha ha ha!)
Il ne me reste plus qu'un tatouage d'ancre sur l'épaule et je ressemblerai à un vrai loup de mer.
Après Valparaíso, je suis revenu à Mendoza. De là, j'ai voulu faire de l'autostop. Je me suis donc rendu à San Martin, une petite ville pas loin, où j'ai fait du pouce, comme vous avez pu le voir, pendant 3 heures, en vain.
A la nuit tombée, j'ai cherché une auberge, mais je n'ai trouvé qu'un hôtel de passe, alors j'ai pris un bus de nuit direct pour San Luis. Il y avait quelques auberges autour du terminal de bus, mais c'était cher, mais je n'avais pas le choix. Le lendemain, j'ai visité la ville vite fait. Il n'y avait pas grand chose à voir, à part cette exposition sur le travail des enfants...
Alors je suis parti pour Potrero de los Funes, une ville très proche où j'ai pu trouver un camping pas cher du tout (en fait, c'était un restaurant qui cherchait à arrondir ses fins de mois). Malheureusement, c'était la saison basse, même TRES basse, et il n'y avait absolument personne. C'était la ville la plus triste de tout mon voyage.
Il n'y avait pas de cyber café et les quelques randonnées possibles nécessitaient un guide. Alors je me suis dédié à l'écriture, et j'ai été très productif.
Ensuite, j'ai pu partir pour Buenos Aires!
Un aspect que je n'ai pas abordé dans le récit de mon voyage, c'est la misère.
On voit tout le temps des gens vivre dans des conditions déplorables: des villages qui n'ont pas accès à l'eau, des familles qui sont exposées à la malaria, des victimes de catastrophes naturelles, des enfants qui cirent les chaussures dans la rue ou vendent des babioles. Le pire, c'est qu'on s'y habitue. On ne finit par ne plus le voir. J'ai vu une exposition de photographies à San Luis, Argentine, qui montraient les enfants faisant des boulots très difficiles, et je me suis rendu compte que j'avais vu ces enfants, que j'avais vu ces boulots difficiles, mais que ça m'avait échappé.
Tout à l'heure, je mangeais une pizza quand un gamin d'environ 6 ans, pieds et torse nus, m'a demandé "une pièce". De façon automatique, j'ai dit non. Puis il m'a demandé un bout de pizza. J'ai trouvé ça rusé, j'ai souri et j'ai redit non. Il m'a regardé bizarrement et il est parti. C'est à peu près là que je me suis rendu compte à quel point j'étais devenu cynique: un gamin me demandait à manger et je trouvais le moyen de lui refuser avec le sourire.
Depuis que je suis arrivé en Amérique Latine, on m'a demandé un nombre incalculable de fois de donner de l'argent. Le fait que je sois un gringo, un étranger, quelqu'un considéré comme plus riche, fait qu'on a plus tendance à me demander à moi qu'à d'autres. Si je donnais au tout début, j'ai vite arrêté parce que je me suis dit que je finirais pas ne plus pouvoir me financer. Et c'est vrai, je viens d'atteindre ma limite budgétaire.
Etre un gringo donne un sentiment de culpabilité et d'injustice. J'ai eu de la chance d'être né au bon endroit, où j'ai pu avoir une bonne éducation et trouver un emploi qui me permettrait de faire ce voyage. De la même façon, je ne pourrais pas venir ici si l'économie (en moyenne) des pays d'Amérique Latine n'était moins forte que celle de l'Europe: c'est donc comme si je profitais de leur misère finalement. Et si je vais encore plus loin, je dois dire ceci: je peux profiter de leur misère, qui a été causée par mes ancêtres. Je lis en ce moment Les Veines Ouvertes de l'Amérique Latine d'Eduardo Galleano, qui explique entre autres comment les Européens ont réduit les indigènes à l'esclavage.
Oui, j'ai seulement eu de la chance d'être né au bon endroit.
Question 1. Sur cette photo, j'ai l'air:
a. d'un garçon sympa qu'on prendrait bien en autostop
b. d'un con
c. d'un maniaque sexuel
Question 2. Sur cette photo, j'ai l'air:
a. d'un garçon sympa qu'on prendrait bien en autostop
b. d'un con
c. d'un maniaque sexuel
Question 3. Sur cette photo, j'ai l'air:
a. d'un garçon sympa qu'on prendrait bien en autostop
b. d'un con
c. d'un maniaque sexuel
Mon expérience du Chili à San Pedro de Atacama ne m'avait pas suffi, alors je suis allé faire un tour improvisé à Valparaíso... et je n'ai pas été déçu! Celui qui était en charge de l'urbanisation s'est bien planté... et c'est tant mieux!
J'ai voyagé pendant la nuit depuis Mendoza, où j'avais laissé mon gros sac, et je suis arrivé à 5h du matin. J'ai traîné dans les rues à la recherche d'un café et de toilettes, entre des mecs un peu éméchés et des prostituées très sociables. Je n'étais pas très emballé à ce moment-là.
Quand le soleil a commencé à se lever, j'ai marché le long de la côte. Il faut savoir que la ville est constituée de bâtiments très divers, aglutinés sur une côte en forme de demi-cercle et transformée en port géant. Et on y trouve de tout! Des monuments de la colonisation espagnole,
des HLM,
des églises,
des maisons de toutes les couleurs,
des grafittis en tout genre (et toute taille),
des ascensores (ces espèces de cabines centenaires qui servent à monter sans effort sur les collines abruptes de la ville)
mais aussi le Parlement National. C'est un beau bordel (dans le bon sens du terme).
Il règne une douce ambiance bobo, très Montmartre. Je suis tombé par hasard dans une boutique qui vendait de jolis cartes postales de la ville. La gérante m'a alors appris que le dessinateur était de France. Puis elle m'a appris qu'elle avait elle-même vécu en France car elle avait dû s'exiler lors de la dictature Pinochet. J'avais lu La Maison Aux Esprits d'Isabel Allende, et ça parlait de l'avènement de la dictature, et du sort réservé aux opposants, mais rencontrer une personne qui est passé par là, ça m'a fait un choc. Quand bien même on a pas beaucoup parlé (j'avais l'impression qu'elle n'avait pas envie d'en dévoiler plus sur le sujet, ce que je comprends), j'ai été impressionné.
Les musées les plus importants étaient tous fermés pour une raison ou une autre, l'un d'entre eux à cause du récent tremblement de terre qui a secoué le Chili, m'ont dit quelques retraités: "Le tremblement de terre? Nous ici, on est habitués!"
Mon seul regret est de ne pas avoir pu rester ici plus d'une journée et profiter de l'alléchante nuit valparaïsienne...
Après plus de 20 heures de voyage (heureusement qu'ils ont passé Sherlock Holmes, j'ai pu amplement apprécier le "jeu d'acteur" de Robert Downey Jr. et Jude Law), je suis arrivé à Mendoza en pleine semaine sainte, c'est-à-dire que toutes les auberges étaient pleines ou chères. M'enfin...
Je suis allé voir ce que donnait Pâques ici et après un passage dans le bus (j'avais l'argent mais pas de monnaie et des jeunes mendociños m'ont donné l'appoint, refusant tout remboursement, c'était trop gentil), je suis arrivé à côté d'une énorme queue de personnes voulant toucher la statue de la Vierge et de Jésus. Bon, les statues n'avaient rien d'extraordinaire, mais la taille de la foule, si!
Sur le chemin du retour, j'ai pu acheter plein de souvenirs au grand marché artésanal sur la Place de l'Indépendance.
Le lendemain, j'ai visité l'Eglise San Francisco et j'étais en colère car ils y faisaient ouvertement campagne pour la droite à la prochaine présidentielle, à cause du droit à l'avortement.
Puis je suis monté sur le Mont de la Gloire, en hommage à l'indépendance, à ses héros, mais aussi au Chili et au Pérou.
Juste à côté il y avait un zoo avec un nombre impressionnant de différentes espèces animales. J'ai ainsi vu des lions...
...mais aussi des condors!
Bon, les pauvres avaient l'air de bien se faire chier là, et puis ils ne volaient pas :(