Autodafé
- 04 Octobre 2010 à 01:02
- Politik Pop
Je suis contre le principe d'autodafé...

Crédits image: Inconnu
...mais quand même, y en a qui cherchent.

C'est pas souvent que je manifeste, alors là faut que je fasse du bruit...
Le 4 septembre dernier, la Ligue des Droits de l'Homme organisait une manifestation à laquelle de nombreuses associations ont pris part, pour dénoncer la "politique du pilori" implémentée par le gouvernement. Cette politique a d'ailleurs été à l'origine de critiques graves envers la France.
Je n'avais trouvé personne pour venir avec moi alors je me suis amené Place de la République, tout seul, sans rien, et j'ai commencé à suivre la marche. J'ai pu voir Jean-Luc Mélenchon, Jean-Paul Huchon, Danielle Mitterrand, Noël Mamère, etc. SO A-list.
Un moment donné, je suis tombé sur Act-Up et je me suis mis à marcher avec eux. Ils m'ont même donné des pancartes, etc. J'ai pu chanter quelques slogans comme "Etat raciste, Etat meurtrier", etc.
On a quand même réuni entre 77 000 et 100 000 personnes. C'est malgré tout beaucoup moins que les 900 000 à 3 millions de manifestants contre la réforme des retraites de samedi dernier.
Je suis contre le principe d'autodafé...

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...mais quand même, y en a qui cherchent.
Les Français attendent 2012 avec impatience! Après trois ans de Sarkozy, ils n'en peuvent plus. Mais personne ne sait à qui donner donner sa place.
L'hypothèse qui prévalait jusqu'en mars, c'était qu'il serait réélu, mais c'était avant l'énorme défaite de son camp aux régionales. Depuis, la gauche se dit qu'elle a ses chances et la droite doute. Le récent scandale Woerth-Bettencourt puis la surenchère sécuritaire n'a fait qu'empirer les choses. Il est néanmoins toujours très possible qu'il gagne.
Et s'il ne gagne pas, il se pourrait alors qu'une autre personnalité de droite gagne. Dominique de Villepin se présente comme l'anti-Sarkozy, quitte à ignorer son propre bilan de Premier Ministre envers les Roms. C'est lui qui a prononcé le discours d'opposition de la France aux Etats-Unis sur la guerre en Irak en 2003. Si Sarkozy ne se représentait pas ou tombait au premier tour, Villepin face à la gauche pourrait l'emporter sur l'air de la droite humaniste, comme Chirac l'avait fait en 1995 avec son constat de "la fracture sociale". Il y a aussi l'hypothèse Fillon...
La partie sera très difficile pour la gauche, qui est en mauvaise posture, malgré la crise du néolibéralisme.
L'hégémonie du Parti Socialiste, qui est fortement concurrencé par les Verts, s'affaiblit, même si les régionales semblent avoir stoppé l'exode des voix. Néanmoins, les Verts sont prêts à un coup de poker en choisissant Eva Joly comme candidate. Un coup de poker car elle est encore peu connue, qu'elle a peu de talent oratoire, mais elle a un CV en béton: elle a été une juge d'instruction de fer, elle n'a pas hésité à se battre contre la corruption et contre Elf en particulier, on sait qu'elle est une personne honnête et déterminée. Et après tous les scandales essuyés par les principaux partis de gouvernement, c'est un argument qui sera porteur auprès de la population. Cela dit, je ne pense pas qu'elle sera élue. Je la trouve admirable, mais on ne connaît pas ses positions, elle a très peu d'expérience en politique et puis, après l'avoir vue face à Eric Zemmour, j'ai trouvé qu'elle n'avait pas su défendre ses convictions correctement, et ça, ça peut faire très mal lors d'un débat présidentiel.
Parallèlement, l'état de l'économie est encore très volatile, et une nouvelle crise, accompagnée d'un plan de rigueur sévère, donnerait des ailes à la gauche radicale. Après le plan de sauvetage des banques, les gens ont commencé à se poser des questions sur le système économique actuel. Il semblerait que les gens ont déjà oublié ce qu'il s'est passé il y a à peine deux ans, mais si la crise reprenait malgré les efforts qu'on nous demande (rigueur, retraites...), la situation économique sera épouvantable, et le passage de Mélenchon au second tour deviendra alors une hypothèse crédible, car personne ne voudra d'un scénario à la grecque: lorsque le Premier Ministre socialiste Papandréou, par ailleurs Président de l'Internationale Socialiste, a été élu, il s'est rendu compte que le précédent gouvernement avait maquillé les comptes et a dû révéler le véritable état des finances grecques, il a été forcé par ses radins de comparses européens, et donc aussi par le FMI, d'appliquer le plan le plus anti-social qui n'ait jamais été appliqué dans l'histoire!
Le rapport de forces dépendra du Parti Socialiste, de son candidat et de son programme. En ce moment, ça semble se jouer entre Dominique Strauss-Kahn (qui se trouve justement être le directeur du FMI) et Martine Aubry. DSK est donné vainqueur toutes catégories dans les sondages, malgré son action au FMI, ce qui prouve, d'après moi, que les Français n'ont pas vraiment envie de gauche. DSK présenterait aussi un avantage de taille: son rôle au FMI lui donne une crédibilité internationale et les Français auront l'assurance, ou du moins l'espérance, qu'avec lui reviendra la confiance des marchés envers notre pays. Quant à Martine Aubry, c'est très obscur. Elle apparaît comme un choix risqué pour les socialistes car la droite n'a pas cessé de l'accuser de tous les maux suite à sa loi des 35 heures. Mais justement, si leurs droits sociaux sont trop attaqués sous ce quinquennat, les Français pourraient vouloir revenir à quelqu'un qui y est attaché. Mais plus crucial encore, sera de voir la stratégie que le candidat socialiste s'engagera à appliquer en cas de rechute économique. Plan à la grecque ou plan révolutionnaire? Cette question sera-t-elle seulement évoquée?
La plus grosse crainte finalement pour 2012, ce n'est pas la réélection de Sarkozy, c'est que les vraies questions soient évitées: la crise économique et la crise politique.
Le Front National aussi va jouer un rôle important, avec une Marine Le Pen au ton et au visage plus humains que ceux de son père, et risque de faire un gros score. Si on revit le 21 avril 2002, il y a fort à parier cette fois que le deuxième tour ne montrera pas un décalage aussi important entre l'extrême-droite et le candidat républicain qui se retrouvera en face, quel qu'il soit, notamment à cause du rejet du paysage politique actuel. Si Sarkozy affronte le FN, la gauche aura beaucoup de mal à voter pour lui. De même, si c'est la gauche qui se retrouve dans cette situation, de nombreux électeurs de droite ne regarderont pas Marine Le Pen de la même façon que lorsque son père faisait face à Chirac. On risque alors de vivre un krach politique.
2012 va être une année charnière. De nombreuses élections importantes auront lieu cette année, aux Etats-Unis en particulier, et la France va sans doute devoir prendre de lourdes décisions, mais encore une fois, on risque aussi de ne pas aborder les vraies questions du tout.
L'affaire Woerth-Bettencourt a jeté de forts soupçons de corruption au sein du gouvernement, et comme la spirale infernale des révélations ne s'arrêtait pas, Sarkozy n'a rien trouvé de mieux que de s'en prendre aux immigrés et, pour être sûr de taper fort, aux "Français d'origine étrangère". Ainsi, on montre du doigt les Roms et on les expulse de France à tour de bras (bien qu'ils sont européens!), on pourrait pénaliser financièrement les parents dont les enfants ne vont pas à l'école, voire les mettre en prison, mais aussi, on propose de retirer la nationalité française aux Français d'origine étrangère qui auraient attenté à la vie de policiers. Je ne vois pas en quoi ça augmenterait la sécurité en France. Depuis, l'ONU a condamné la politique de Nicolas Sarkozy, la presse étrangère a condamné la politique de Nicolas Sarkozy, même le Pape a condamné la politique de Nicolas Sarkozy!

Crédits image: Act-Up
Les masques sont tombés. Nicolas Sarkozy est prêt à dangereusement attiser la xénophobie en France, et à attaquer le principe primordial de l'égalité républicaine, dans le simple objectif de se faire réélire dans deux ans. C'est tout simplement révoltant et je serai le samedi 4 septembre à 14h sur la Place de la République pour manifester avec la Ligue des Droits de l'Homme.
Sarkozy est toujours très bas dans les sondages et depuis la défaite cinglante de son parti aux régionales de mars dernier, il semble désormais possible de le vaincre à la présidentielle de 2012. En plus, l'économie ne se porte pas bien et il s'apprête à présent à couper dans les dépenses publiques et dans les droits sociaux, mais pas dans le bouclier fiscal. Cela dit, les gens pourraient très bien le réélire s'il continue à attiser les tensions comme il le fait. Eh oui, on l'a trouvé notre George W. Bush, notre pire Président de la République!
Vous avez entendu parler du Tea Party? C'est un mouvement politique américain qui est à la droite du Parti Républicain.
Parce que Bush ne leur avait pas suffi.
Voici la pub d'une des candidates qu'ils soutiennent pour les élections de novembre.
Les crédits de cette vidéo doivent être sur le site web l'hébergeant.
Cela fait maintenant deux mois que la plateforme pétrolière Deepwater Horizon de British Petroleum a explosé dans le Golfe du Mexique, tuant 11 personnes et laissant s'échapper du pétrole sans interruption depuis, à un taux vertigineux et impossible à estimer avec précision. C'est un véritable cataclysme écologique, sans précédent dans l'histoire des USA (mais, rassurez-vous, pas de l'Humanité!).
BP fait tout pour arrêter la fuite, mais rien ne marche. L'entreprise britannique doit donc reconnaître qu'elle n'avait pas bien évalué les risques, ni les solutions. Elle doit aussi faire face aux accusations comme quoi elle n'aurait pas respecté les normes de sécurité pour économiser. Alors elle fait tout pour tenter de redorer son image, allant jusqu'à acheter tous les mots-clés possibles sur Google pour rediriger les internautes vers son site. Elle a aussi déclaré que:
J'entends parfois des commentaires sur le fait que les grandes compagnies pétrolières ne pensent qu'à l'argent et rien d'autre, mais ce n'est pas le cas de BP. Nous nous soucions des petites gens.
Ce terme "petites gens" a eu son petit effet outre-Atlantique. Surtout maintenant que Tony Hayward, le PDG, est en train de participer à une course de yacht en Angleterre.
Bref, BP n'a besoin de personne pour aggraver son cas.
Et les autres protagonistes de l'histoire se retrouvent pris dans le pétrole à leur tour. Au premier plan, Barack Obama, qui répète les discours où il dit "c'est pas bien!", mais ne fait que démontrer son impuissance. On ne peut pas lui en vouloir: il ne peut effectivement rien faire. Eh oui, c'est le Président des Etats-Unis, pas Dieu.
Le Congrès américain n'est pas épargné non plus. Cette semaine, les parlementaires recevaient Tony Hayward, sur lequel ils ont tiré à boulets rouges (ce qui est un peu facile). Le plus drôle, c'est qu'un Républicain a présenté ses excuses pour cette mise au pilori. Et les Démocrates ont répondu que les Républicains cherchaient à protéger leurs amis les riches, etc.
Alors le Congrès a eu une grande idée: faire appel à l'acteur Kevin Costner. Pourquoi? Parce qu'il possède une compagnie qui produit (et vend!) des machines capables de séparer l'eau du pétrole. Est-ce que ça marchera vraiment? La suite au prochaine épisode!
Et quand vous pensiez que le monde allait vraiment mal, voilà que Sarah Palin ajoute son grain de sel en twittant ceci:
Le désastre du Golfe a besoin d'une intervention divine puisque les tentatives humaines ont été vaines. Les législateurs du Golfe déclare cette journée Jour de Prière pour une solution/un miracle.
Merci Sarah. Si jamais ça marche, ce sera grâce à Dieu, et si ça ne marche pas, ce sera à cause d'Obama!
Alors oui, le nouveau couple à la tête du Royaume-Uni est très glamour. Il paraît que David a même fait la cuisine le premier soir.

Oui, je parle de David Cameron, le leader des Conservateurs, et Nick Clegg, le leader des Libéraux-Démocrates, les nouveaux Premier Ministre et "Vice-Premier Ministre". Quelle alliance improbable que ces deux-là... En même temps, le paysage politique là-haut est tellement chaotique. Jusqu'à présent, tout se jouait entre les Conservateurs et le Labour, entre autres à cause d'un système électoral très déséquilibré. Cette fois-ci, les Travaillistes ont perdu, comme prévu, mais les Conservateurs n'ont pas réussi à convaincre non plus, ce qui les a privé d'une majorité absolue, dans un système pourtant conçu pour donner des majorités fortes. Ils ont donc fait une coalition avec les Libéraux-Démocrates de Nick Clegg.
Ce qui me surprend en fait, c'est que les Conservateurs n'aient jamais émis l'hypothèse de s'allier avec les Travaillistes. Ces deux-ci semblaient pourtant beaucoup plus proches, et ils auraient disposé d'un gouvernement plus solide et d'une majorité plus grande au Parlement! Depuis que le parti du Labour était devenu le New Labour avec Tony Blair, il avait beaucoup glissé vers la droite, en allant jusqu'à se placer à la droite des Libéraux-Démocrates, considérés comme centristes. Lors de cette dernière élection, Nick Clegg représentait clairement la gauche!
C'est d'ailleurs la deuxième chose qui me surprend: je pensais que les Travaillistes perdraient l'élection précédente, en 2005, à cause de la guerre en Irak, comme en Espagne. En fait, c'est très étrange, j'ai l'impression que le Labour a perdu seulement à cause de la personnalité de Gordon Brown. Quand celui-ci est arrivé au pouvoir en 2007, la presse a été sans merci. Il fallait toujours qu'on se moque de son manque de charisme, de ses kilos en trop, etc. Il a fait des conneries, mais à côté de Tony Blair, c'était rien du tout! Et pourtant, c'est lui qui a perdu. Je ne plains pas Brown, c'est juste que j'aurais préféré voir Blair perdre.
Le nouveau gouvernement "Clameron" semble tellement improbable qu'il est possible qu'il ne passe pas la fin de l'année. D'ici-là, j'espère que Nick Clegg aura pu faire passer sa réforme du système électoral, qui était prioritaire dans les accords de coalition. Ce sera déjà un premier pas en avant pour une amélioration du paysage politique au Royaume-Uni.
Pendant ce temps-là, le Labour doit se choisir un nouveau leader et j'espère qu'il profitera de cette chance pour repasser à gauche. Pour le moment, on a un duel très médiatique entre David Miliband, l'ancien Ministre des Affaires Etrangères, de tendance blairiste et... son frère, Ed Miliband, ancien Ministre de l'Energie et du Changement Climatique, qui tendrait plus à gauche. Ce dernier a déjà affirmé que la guerre en Irak avait été une erreur, tandis que David tente d'étouffer la polémique en disant qu'on ne doit pas regarder vers le passé, blah blah blah...
En tout cas, tout ce bordel ne va pas trop aider le pays qui est en plein marasme économique.
Vous avez dû entendre parler de la National Equality March qui a eu lieu ce week-end aux Etats-Unis, où des tonnes de LGBT ont convergé vers Washington pour demander qu'Obama respecte ses promesses vis-à-vis des lesbiennes, gays, bis et trans. Le samedi soir, il y a eu un autre événement, le Equality to End HIV/AIDS Rally and Vigil, un meeting qui avait lieu devant la Maison Blanche pour la lutte contre le sida, mais il n'a pas eu autant de succès. Le blogueur Andrew Sullivan était sur place et n'a pas mâché ses mots, aussi bien pour le Parti Démocrate, que la HRC (l'organisation principale pour les droits des homos aux USA).
Les crédits de cette vidéo doivent être sur le site web l'hébergeant.
J'ai adoré la petite phrase sur Lady Gaga.
Mise à jour: en fait, c'est un gros con.
Le Figaro affirme que Tony Blair est toujours favori pour le poste de Président du Conseil Européen, mais il fait la liste d'autres candidats possibles, certains farfelus, d'autres probables. On y voit Gordon Brown, François Fillon, mais aussi Juncker et Gonzalez. Chaque candidat a ses avantages et ses inconvénients, mais l'un d'entre eux a retenu mon attention.

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Quand j'ai lu le nom de l'ancienne Présidente irlandaise Mary Robinson, je me suis dit que je ne devrais pas m'emballer parce qu'elle est la seule femme qui apparaît dans la liste. Mais quand j'ai lu qu'elle était Présidente honoraire d'Oxfam International, une puissante ONG d'une grande renommée, j'ai été très surpris: on n'imagine pas des politiciens s'engager dans le caritatif, ni être portés par des associations qu'ils n'ont pas créés eux-mêmes! Ensuite, j'ai vu qu'elle a été Haut Commissaire pour les Droits de l'Homme aux Nations Unies, et qu'elle avait à ce titre été récompensée par Amnesty International. Ouah!
Ce profil m'a l'air presque trop beau pour être vrai. Je suis sûr que si on fouille un peu, on peut trouver quelque chose qui ne va pas. Un journaliste du Washington Post a écrit qu'elle ne méritait pas la médaille présidentielle de la liberté, décernée par Obama, en gros parce qu'il lui manquait quelque chose de crucial dans son CV: un véritable accomplissement. Il l'accuse de faire de beaux discours mais de ne pas assurer derrière. (Ca en devient presqu'ironique maintenant qu'on sait qu'Obama vient de se voir décerner le Prix Nobel de la Paix, à peine 9 mois après son entrée en fonction...) De même, elle a été Présidente de l'Irlande, et non chef du gouvernement. Ca fait la différence puisque les pouvoirs du Président sont très limités en Irlande. On pourrait donc lui reprocher de ne pas avoir assez d'expérience dans l'exécutif. Ca pourrait effectivement être un problème si on veut un Président fort, qui puisse donner une véritable impulsion à l'Europe.
De toutes façons, j'imagine que les 27 dirigeants européens, qui décideront qui sera le premier Président du Conseil Européen, n'auront pas envie de mettre à leur tête une personnalité qui les pousseraient à respecter leurs engagements vis-à-vis du Congo, entre autres.
Néanmoins, je serais fier d'avoir une personne dont l'engagement pour les droits de l'Homme et la lutte contre la misère aura été aussi fort comme Président du Conseil Européen.
