Catégorie "Histoire d'une obsession"
Je pars de Londres dans un mois pour mon grand voyage. Il y a un mois, j'ai décidé d'envoyer des messages à certaines personnes, parce que je ne vais jamais les revoir et parce que c'est l'occasion de leur dire des choses qui leur feront plaisir, je pense.
- J'ai commencé par envoyer un message disant à Mr Really BIG tout le bien que je pensais de lui. Eh oui, peut-être notre dernière fois fut-elle épouvantable, mais je pense toujours que c'est quelqu'un de bien. Il a apprécié le message mais il a bizarrement commencé à s'engager dans du dirty talk.
- J'ai bien évidemment envoyé un message à l'objet de mon obsession, qui sonnait un peu comme un message pour tout remettre à plat. Il est celui qui a réagi de la façon la plus surprenante: il a répondu presque directement et m'a dit qu'il avait eu des frissons en lisant mon message. Ca m'a fait plaisir. (Hi!)
- J'ai envoyé un message à BFBF, pour tous les services qu'il m'aura rendus.
- J'ai aussi contacté des gens avec qui je n'ai pas couché! Ainsi, j'ai envoyé un message à Vicky pour lui annoncer mon départ, on devrait se retrouver pour un dîner un de ces quatre...
- Enfin, j'ai texté le premier mec avec qui j'ai couché ici...
Et voilà, j'ai contacté les personnes que j'aurais trouvé spéciales ici.
Je ne l'aurais pas crû mais, en fait, il va être plus difficile de quitter Londres que je ne le pensais.
Deux jours après l'épouvantable jouissance (je me sers de cet événement comme d'un repère dans le temps, comme de la naissance de Jésus-Christ!), je vous ai dit que j'avais revu un copain de baise. Je ne vous ai pas raconté la petite conversation qui a suivi notre partie de plaisir cependant, après que je lui ai raconté cette histoire:
- Lui. Alors, que vas-tu faire maintenant?
- Moi. Eh bien, je vais rencontrer des mecs, jusqu'à ce que j'en trouve un avec qui ça marche.
- Lui. Oh, tu veux dire, être une salope.
Non, encore, pas une "salope", un "homosexuel libéré"!
C'est marrant, la façon dont les gens peuvent se faire souffrir l'un l'autre.
Le truc, c'est que pour aller de l'avant, il faut le vouloir. En effet, pourquoi aurais-je voulu aller de l'avant? Rien que penser à lui, revoir son visage, m'imaginer avec lui, fantasmer le jour où il reviendrait, me suffisait pour me faire plaisir. Mais puisque la frustration était devenue plus forte et que chaque plaisir se résumait à être une chimère, la raison reprenait le dessus et me poussait à passer à autre chose.
C'est la fin de cette obsession. Je pense à lui un peu moins chaque jour. J'ai encore certains réflexes qui me poussent à faire telle ou telle chose, mais je n'ai plus la passion qui va avec, cette montée d'adrénaline qui me saisissait à chaque fois que je voyais quelque chose le concernant, comme une lente anesthésie.
Cependant, I'm not over him yet.
Je me suis rendu compte en revenant de l'hôpital que, bien que je dors sans oreiller, j'en gardais un sur le côté gauche de mon lit. Effectivement, c'était là qu'il dormait et je laissais cet oreiller là, au cas où il revenait. Complètement débile le mec! De même, j'avais préservé tous ses SMS. Je les ai tous virés depuis, par accident. Il m'arrive encore de rêver de lui, mais même dans mes rêves il se refuse à moi à présent.
Pour me motiver, je me passe en boucle la chanson Overpowered de Roisin Murphy. Dans cette chanson, elle parle de la sensation de libération qu'elle éprouve à avoir oublié son ex, surtout après tout ce temps, mais elle se pose aussi la question de l'attirance qu'elle éprouvait pour ce mec et se demande si ce n'était pas purement chimique. Du moins c'est comme ça que je la ressens!
Certains me disent: "De toutes façons, vous étiez différent!". Encore heureux! Je ne m'attends pas à ce que mon mec soit une copie conforme de moi! Des gens, même très différents, peuvent, je pense, vivre une belle histoire ensemble comme... euh... Carla Bruni qui se dit femme de gauche mais qui se tape Nicolas Sarkozy, homme de la droite dure et Président de la République! Ou encore... Pocahontas et le Capitaine Smith!
Ecrire cette histoire est peu pudique de ma part, mais j'ai l'impression que ça me permet de me dire que j'ai fait le tour de la question et que ça fait partie du passé.
Au fond, je me dis que j'ai été chanceux. En effet, même si cette histoire aura été très pathétique, j'ai quand même vécu des émotions qui m'ont fait chavirer et ressentir un irrésistible élan qui me poussait vers l'autre... Etc. Par ailleurs, j'ai appris quelque chose. Même si je ne suis pas tombé amoureux de lui, je sais maintenant que je suis capable d'éprouver l'amour. A part lui, je n'ai eu qu'une seule relation qui a compté pour moi, c'était il y a 6 ans, c'étais très différent, et même là, je n'avais pas ressenti ce que j'ai ressenti avec lui. Vivement la prochaine fois!
La vie vous joue parfois de drôles de tours.
Le jour où j'acceptais et où je décidais ENFIN (!) d'aller de l'avant (et que je faisais un régime et que j'allais au sport aussi!), j'ai fait une hémorragie interne et j'ai été transporté d'urgence aux A&E.
J'ai reçu les coups de fil et les visites de plusieurs personnes ce jour-là, c'était bien. Mais pour être honnête, tout ce que j'avais en tête à ce moment-là, c'était le coup de fil que je devais lui passer. L'accident avait changé la donne. Dès que j'ai pu, je lui ai envoyé un message pour lui dire la situation. Et il a rappelé direct! J'étais tellement content qu'il me rappelle aussi soudainement, ça voulait dire qu'il ne s'en foutait pas de moi, du moins, pas tant que ça!
Après avoir tourné autour du pot au téléphone pendant une demie-heure, j'ai foncé dans le tas. Je me suis d'abord excusé de tirer avantage de mon statut de patient en soins intensifs (hé, il fallait bien que cette hémorragie me serve à quelque chose, merde!), et puis je lui ai dit que je voulais le voir.
Prononcer ces mots a été libérateur. Je ne me posais plus la question de savoir si je l'emmerdais ou pas, si j'étais pathétique ou pas, si ça allait marcher ou pas, j'étais juste honnête, clair et ouvert. (Sans vouloir dramatiser, je pense que c'est la première fois que je me suis ouvert à un autre homme de cette façon.) Mais ce n'est qu'alors que j'ai compris que je demandais quelque chose d'impossible. Il y a eu quelques secondes de silence très lourdes et il m'a expliqué que ce n'était pas possible. Je me suis alors immédiatement refermé, je me suis replié sur mes réflexes, je me suis dit que je ne devais pas être encore plus chiant que je ne l'avais déjà été et j'ai simulé l'indifférence.
A l'hôpital, toute la nuit, je n'ai pas arrêté de penser à lui. De toutes façons, avec toutes ces aiguilles et ces électrodes à la con, il m'était impossible de dormir! Je n'avais plus le choix. Je devais me résigner et me soumettre à ce qui s'imposait à moi. Je devais rompre tout lien avec lui parce que le simple fait de voir son nom apparaître sur une page web me rendait dingue, et qu'il n'y avait à présent plus aucune raison d'espérer.
Je savais que j'allais tomber sur son répondeur. J'avais tellement dû le faire chier, il a préféré ne pas répondre! Ca m'arrangeait. Je me suis donné pour consigne d'être concis et honnête. Je lui ai d'abord souhaité bonne chance. Puis je lui ai dit que je voulais couper les ponts parce que je n'arrêtais pas de penser à lui alors que je devais aller de l'avant.
Ah... Il y a mille choses que j'aurais voulu pouvoir dire. Mais ça ne servait à rien. Alors tout ce que je n'aurai pas pu lui dire, je le dis ici.
J'ai un peu bégayé, j'ai cafouillé, je voulais être rapide pour ne pas l'emmerder mais je ne faisais que m'emmêler les pinceaux. Quand j'ai raccroché, je me suis senti très con, mais surtout, très frustré. Il m'a envoyé un SMS juste après pour me dire qu'il comprenait. J'ai trouvé ca sympathique de sa part. J'avais l'air bien, sur mon lit d'hôpital, au milieu des vieux, à mettre un terme à une relation qui n'avait existé que de mon côté.
Plusieurs semaines après l'épouvantable jouissance, j'ai revu Darren, mon meilleur copain de baise. Sexuellement, on est en parfaite osmose. Dommage qu'il soit plus âgé que moi (moins que le double de mon âge, je vous rassure!). On s'était pas mal fréquenté un moment donné mais on avait arrêté parce qu'il avait des sentiments pour moi. Néanmoins, c'est lui qui m'a contacté pour boire un verre avec ses potes ce soir-là au bar où il travaille et vit, et quand ils ont fermé, il m'a proposé de l'attendre dans la chambre. J'étais bourré, j'ai pris une petite douche et puis je me suis endormi sur son lit, sur le ventre. J'étais complètement parti, complètement ailleurs.
Quand Darren est arrivé, il m'a sauté dessus. Je me suis réveillé avec la conviction qu'il s'agissait de l'objet de mon obsession! Pendant quelques secondes, j'étais sous le choc avec une phrase dans ma tête qui se répétait comme une sonnette d'alarme: "Il est revenu!". Et puis j'ai réussi à me retourner et... déception. Ca m'a plombé toute la nuit. Pire que ça, j'ai réalisé que mes désirs avaient évolué et que l'on n'était plus sur la même longueur d'onde.
Le lendemain, j'ai été, comme à mon habitude, d'une franchise inhumainement froide et j'ai raconté à Darren que je pensais beaucoup à un autre et qu'au moment où je me suis rendu compte que c'était lui, j'avais été déçu. Encore une fois, je me suis prouvé que j'étais vraiment incapable de mentir mais aussi capable d'un égoïsme impitoyable.
Je me permets deux petits appendices dans ma narration. Trois jours après avoir éprouvé l'épouvantable jouissance et le lendemain d'une partie de plaisir avec un copain de baise, je suis allé en boîte. J'étais complètement bourré et j'ai tourné autour de quelques mecs. A la fin de la soirée, je suis retourné voir ce grand garçon venu d'Australie, et je ne me suis pas attardé dans le verbage, je l'ai chopé par le col et l'ai emballé. On est partis chez moi. J'étais fier :)
On est arrivés à la maison fatigués. On a commencé à avoir un peu d'action et puis on s'est endormis. Le lendemain matin, on s'y est mis pour de bon. C'était sympathique. Mais c'était pas explosif. Dans un moment crucial, j'ai commencé à somnoler et je me suis imaginé avec l'objet de mon obsession. D'un coup, ça allait mieux! Et puis je me suis réveillé.
On est allé faire un tour au Camden Market qu'il n'avait jamais visité. Il était, c'est vrai, très beau, sans conteste l'un des plus beaux mecs que je me suis tapé. Mais quand il fallait engager la conversation ou échanger des opinions... Ouh la la... Fallait que je rame! Il a voulu revenir à la maison. D'accord. Mais on avait rien à faire ou à dire. Du coup, on s'est maté QUATRE EPISODES DE QUEER AS FOLK. QUATRE! Et puis on est repartis dans l'action et puis il est reparti tout court.
Comme quoi, la beauté n'est vraiment pas un facteur déterminant chez moi.
Deux jours après cet épisode, j'ai revu un ancien copain de baise. Et le jour suivant, j'ai chopé un mec en boîte. Trois mecs différents dans la même semaine, c'est mon record absolu. J'avais compris que c'était fini, que ça n'avait même pas commencé pour lui, et je voulais aller de l'avant. Mais ça n'était pas possible et c'était encore plus pathétique: quand j'étais avec ces autres mecs, je ne pouvais pas m'empêcher de penser à lui.
Son comportement se faisait de plus en plus distant. Il n'allait pas bien à un moment donné, j'ai essayé de le réconforter - sans vouloir être trop saoulant non plus - mais mes tentatives étaient vaines. Ca me rendait dingue de ne pas avoir le pouvoir de lui remonter le moral. A ce propos, c'était une très mauvaise idée de se faire un cycle David Lynch à ce moment-là.
Mon obsession était si coriace que j'avais beau avoir compris que ce ne serait jamais sérieux, je ne l'acceptais toujours pas. Je parvenais à m'inventer mille scénarios dans lesquels il reviendrait. Bizarrement, j'étais persuadé qu'on allait se revoir. Un jour j'ai arrêté de délirer et j'ai admis l'évidence: il ne reviendrait pas. (Oui, il m'en a fallu du temps!) Cette idée me rendait dingue, frustré, jaloux, etc.
J'ai trouvé que c'était le meilleur moment pour arrêter de fumer, me remettre au sport de façon intensive et de commencer un régime. J'ai aussi décidé de l'éviter pendant un petit moment, le temps de voir si mon obsession perdurerait et ce que je déciderais par la suite. J'avais trois choix:
- Ne rien faire et laisser les choses continuer telles qu'elles allaient. Ce n'était bien sûr pas envisageable.
- Tout faire pour le faire revenir et le séduire. Ca me paraissait fantaisiste et je ne savais pas du tout comment m'y prendre.
- Laisser tomber, passer à autre chose et donc rompre tout contact avec lui.
Ironiquement, c'est lui qui a recommencé à me parler. J'avais l'impression que ses messages étaient ambigus. Peut-être l'étaient-ils vraiment, peut-être, encore une fois, étais-je à côté de la plaque. Je retombais dans cette spirale de questions absurdes... jusqu'à ce que je comprisse que ça n'irait jamais plus loin que ces quelques messages. Ce jour-là, j'ai pris ma décision: j'allais tout faire pour passer à autre chose et rompre tout contact avec lui. Je l'appellerais le lendemain pour lui dire.
Après quelques jours sans qu'on ne se voit, je lui ai écrit pour l'inviter. Il n'avait pas l'air de comprendre à quel point je voulais le voir alors je lui ai dit qu'il me manquait. L'air de rien, c'était quelque chose pour moi. Et là, il m'a répondu que, "plus sérieusement", je lui manquais aussi. Et, un peu plus tard, qu'il viendrait. J'étais extatique!
Quand on s'est installés sur les nouveaux draps que j'avais achetés pour l'occasion (rouges, doux et brillants comme du satin sauf que c'est pas du satin!), il a reparlé du message dans lequel je l'avais insulté et m'a rappelé qu'on ne formait pas un couple. Et puis il m'a fait comprendre que ce ne serait jamais sérieux entre nous. C'était honnête de sa part, qu'il vienne me voir pour me dire ça, j'ai apprécié sa démarche. (La phrase que je viens d'écrire, c'est mon côté rationnel qui s'exprime. En réalité, j'étais dégoûté qu'il me dise ça, et à l'intérieur, c'était comme si on venait de m'euthanasier.) J'ai décidé d'être honnête avec lui à mon tour et je lui ai fait comprendre, dans mon style trash que je n'avais pas arrêté de penser à lui dernièrement. Il a eu une réaction plutôt négative, comme du rejet, comme s'il ne voulait pas à avoir à s'occuper de ça, quelque chose comme ça. On est allé manger.
C'était un prélude étrange pour faire l'amour. Il venait de me dire que ce ne serait jamais sérieux, j'étais upset. Mais il était hors de question de ne pas profiter de sa présence. On est entrés dans l'action. Je me souviens parfaitement de ce moment où il était allongé sur le dos, dans son petit boxer, sur mon lit, les yeux clos. Cette attitude passive aurait dû me faire comprendre qu'il n'était pas vraiment motivé. Mais de la motivation, j'en avais pour deux!
Ah, qu'est-ce que c'était bon... On s'approchait du paroxysme quand il a dit mon nom. Il m'embrassait partout et prononçait mon nom. J'ai été d'un coup très heureux, je me disais que s'il prononçait mon nom en plein dans l'acte, c'était que mon nom voulait dire quelque chose pour lui. Mais au même moment j'ai réalisé que non, mon nom ne signifiait rien pour lui, et que c'était justement pour ça qu'il se permettait de le dire. Pendant quelques secondes, mille sensations et mille pensées se sont livré bataille, et ce, en plein dans mon hypophyse. Ca a résulté en une explosion d'hormones et d'émotions: le chant des sirènes, un très grand plaisir mais aussi une très forte déception. C'était tellement bon et tellement frustrant à la fois, l'éjaculation la plus triste de toute ma vie. Je ne pensais même pas que c'était possible. La lumière était assez basse pour qu'il ne vît pas mon visage à ce moment précis.
Le temps de la douce romance était déjà fini. Les problèmes commençaient déjà. J'ai parlé à plusieurs personnes de cette histoire, et j'ai pu recueillir deux opinions. La première, c'était qu'il s'en foutait de moi. La deuxième, c'était qu'il "jouait un jeu". Je ne comprends pas la notion de "jeu" en amour. Sans vouloir enfoncer les portes ouvertes, je déteste les emmerdes en amour, le drame, le méli-mélo, toutes ces conneries... Mais j'étais tellement dans l'irrationnel, je préférais la deuxième hypothèse à l'idée qu'il ne ressente rien pour moi.
Je suis parti en voyage, j'ai embrassé un autre mec là-haut... Et puis il m'a recontacté, et m'a dit qu'il s'était étonné que je ne donne pas de nouvelles, ce qui m'a rassuré. Je me suis dit que j'avais peut-être mal compris. Il m'a dit qu'il me rappellerait quand je serais revenu de vacances.
Et devinez quoi? Hé hé hé! Ha ha ha! Eh bah oui, il m'a fait le coup une deuxieme fois!!! Il ne m'a pas appelé. Ca tombait mal parce que mon avion avait eu du retard et j'étais revenu complètement crevé au travail mais surtout j'avais reçu une mauvaise nouvelle dans ma famille. Sous le coup de la frustration, j'ai envoyé un message à ma coloc dans lequel je le désignais par des termes peu flatteurs. Mais j'étais tellement fatigué qu'au lieu de l'envoyer à ma coloc, eh bien je l'ai envoyé à lui! Quand il y a une connerie a faire, je suis toujours là!
Il ne l'a pas très bien pris...! Je l'ai appelé, je me suis confondu en excuses, j'ai expliqué pourquoi j'étais remonté. Il m'a dit qu'il avait été très occupé, que ce n'était rien, que ce message, ce n'était pas grave, il a su me rassurer et j'ai crû avoir évité l'inévitable. Quand on est à fond sur quelqu'un, on fait tout pour montrer qu'on est quelqu'un de solide, sur lequel l'autre peut compter. Eh ben c'était loupé, je passais maintenant pour le mec taré et chiant.
J'étais déjà complètement obsédé par lui. Je nous voyais, tous les deux, ensemble, chez moi, chez lui. Je nous imaginais dans une routine quotidienne. Je nous projetais dans le futur, voire dans des lieux imaginaires. Safari Beach, Safari Beach, Safari Beach.
Il m'avait prévenu. Il m'avait dit clairement que nous n'étions pas un couple. Mais, 1, j'avais déjà basculé dans l'irrationnel. 2, je me suis dit que c'était tout simplement la conception anglaise du boyfriend. 3, on se contactait beaucoup. Et 4, il a glissé dans un SMS quelque chose qu'on ne m'avait jamais dit avant et qui m'a touché:
miss you naughty
Cette fois-là, j'avais été chez lui, et au moment de partir, j'ai décelé un changement d'attitude chez lui. Je me suis demandé si j'avais fait quelque chose d'inapproprié. Est-ce qu'il avait mal pris mon humour cynique? Est-ce que les nouveaux désirs qu'il faisait germer en moi et que j'avais très envie d'explorer (voir la Théorie de la Relativité Sexuelle) l'avaient frustré? Est-ce que, dans un moment d'inattention, j'avais mis les dents???
Il m'avait dit qu'il m'appellerait le lendemain. J'ai attendu toute la journée mais rien, pas même un message. Le lendemain, j'ai scruté ses pages web comme un vrai stalker, et j'ai vu... (suspens) que la veille... (super suspens!) au lieu de me contacter... (mega-suspens de ouf'!) il avait eu une conversation plutôt chaude avec un autre mec sur le net. Ca m'a fait l'effet d'une grande baffe dans la gueule.
miss you naughty
Yeah, right. Est-ce que les mots ont un sens différent selon qu'on les pense en anglais ou en français? Peut-être avait-il vraiment pensé ces mots. Peut-être que ses sentiments avaient déjà si vite changé. Ou bien peut-être que ces mots n'avaient pas le même sens pour lui et pour moi. Le pire, c'est qu'il savait probablement que je pouvais accéder à ces pages. Une séquence de questions absurdes qui se répètent de façon obsessionnelle dans une spirale qui n'a pas de sens.