Oui, pas beaucoup d'inspiration pour le titre mais je ne savais pas comment appeler un article dans lequel j'allais parler de Clémentine Autain, "l'apparentée PCF". Je vais en parler en bien. Ouais, j'aime bien Clémentine Autain. Il y a plein de choses à redire, la première étant qu'elle passe beaucoup de temps à critiquer et pas beaucoup à proposer. Mais je la trouve intéressante.
A vrai dire, de temps à autre, ça peut même m'agacer, comme ses « Unes » de Rouge ou de L'Humanité donnant régulièrement l'impression que la Révolution est pour demain... Et qu'on se le redise : la liste interminable des motifs de mécontentements voire l'aggravation de la situation sociale ne suffit pas à déclencher un sursaut populaire.
Je n'ai rien à ajouter, je suis parfaitement d'accord.
Bref, cette nana a perdu tout son fric et elle décrit l'enfer de passer dans la classe moyenne. Mon passage préféré:
Hier, j'ai pris le métro pour la première fois en 30 ans. Dennis est venu avec moi pour me montrer comment acheter une MetroCard. Le monde a l'air très différent quand on le voit d'un train numéro 6 de l'Avenue Lexington en heure de pointe.
Al Gore, vice-président des Etats-Unis pendant les années Clinton (1992-2000), prix Nobel pour son boulot sur l'écologie, s'est exprimé lors d'un sommet sur le climat:
Les systèmes politiques du monde développé se sont sclérosés. Nous devons surpasser ce qui nous a empêché d'agir et nous concentrer clairement et sans relâche sur cette crise plutôt que de passer autant de temps sur OJ Simpson, Paris Hilton et Anna Nicole Smith.
A mon avis, l'évènement le plus important de la semaine dernière a été la réprimande adressée par Zhou Xiaochuan, le gouverneur de la banque centrale chinoise, à l'attention du secrétaire au Trésor américain, Hank Paulson. M. Zhou a déclaré que « la surconsommation et une grande dépendance à l'égard de crédit sont la cause de la crise financière des Etats-Unis » et que « les États-Unis devraient prendre l'initiative d'adapter leurs politiques, de relever leur taux d'épargne de façon appropriée et de réduire leurs déficits commercial et budgétaire ».
Il s'agit là d'une déclaration sans équivoque indiquant que les Chinois ne sont plus disposés à financer les dépenses des États-Unis et du Royaume-Uni : ils ne veulent pas prêter plus et ils veulent être sûrs que ce qu'ils ont déjà prêté ne va pas disparaître dans une nuée de dettes insolvables et d'inflation.
(...)
Qui faut-il blâmer ? La réponse courte est : nous tous. Mais il est difficile de nier le fait que la plus grande faute incombe aux banques et aux banquiers - parce qu'ils ont systématiquement failli à faire ce pourquoi ils sont rémunérés : c'est à dire évaluer correctement les risques associés à tous ces prêts. Désormais, la survie de ces établissements dépend entièrement de l'engagement des gouvernements et des contribuables.
Un employé intérimaire de la chaîne de distribution américaine Wal-Mart a été victime de la ruée des clients lors du « Black Friday », la journée de soldes traditionnelles au lendemain de la fête de Thanksgiving. On peut certes lire ce fait divers comme une nouvelle illustration de l'inhumanité d'un monde où, comme le précise Bloomberg, la perspective d'acquérir en solde un« GPS à 97 dollars » autoriserait toutes les bestialités. Mais aussi comme l'indice d'une angoisse nouvelle qui saisit les citoyens américains et n'augure rien de bon pour les temps qui viennent, où la frustration et peut-être le désespoir, répandront leurs vents mauvais sur une société dans laquelle la consommation ostensible occupait une place démesurée.
Il y a de celà deux mois, l'élection de Barack Obama étant imminente, certains analystes politiques outre-Atlantique parlaient de liberal realignment, ce qu'on pourrait traduire par "réalignement gauchiste". Un article de Jim Manzi pour National Review cite 3 arguments dans ce sens, tout d'abord le fait qu'environ tous les 40 ans, le paysage politique américain se déplace vers la gauche ou vers la droite, puis le fait que Bush a eu une présidence catastrophique, et enfin, la crise économique.
En France, cette crise économique, justement, a poussé beaucoup d'analystes à décréter un "retournement de cycle", voire la fin du capitalisme. Sarkozy, le plus grand chantre du libéralisme en France, a lui-même parlé de la fin du capitalisme financier. J'ajouterais à ça que les autres crises (le réchauffement climatique, la question de l'énergie, la pauvreté et la famine...), qui sont liées finalement, poussent bien évidemment les gens à vouloir un vrai changement, ce fameux changement qu'évoque Barack Obama de façon quasi-incantatoire...
Je pense que l'élection de Barack Obama est effectivement l'un des prémices annonciateurs d'un changement de grande ampleur. Oui, on vit peut-être un réalignement idéologique à l'échelle mondiale, et c'est très excitant. Mais je pense aussi ce n'est que le tout début, et que c'est aussi très effrayant. Oui, je sais, je me répète.
Pour conclure... Que faire? Qu'est-ce que moi, petit homo à la consience politique ridicule, je peux faire?
Un rapport du NIC (Centre du Renseignement américain) annonce que d'ici 2025, les Etats-Unis d'Amérique auront perdu leur prédominance sur le monde et seront très fortement rivalisés par l'Inde et la Chine, et dans une moindre mesure, la Russie et le Brésil. De même ce rapport annonce que l'Europe sera "un géant boiteux", c'est-à-dire qu'elle aura un grand potentiel mais que son incapacité à s'harmoniser dans une direction l'empêchera d'être influente.
En gros, les Etats-Unis amorceront leur déclin et l'Europe sera dans une situation comparable à celle du PS français en ce moment.
A part ça, le rapport est angoissant en ce qui concerne le terrorisme (selon le rapport, il devrait être plus simple de se procurer des armes nucléaires en 2025), la démocratie dans le monde (des réseaux criminels prendraient le pouvoir dans certains pays) et surtout, les ressources naturelles (elles vont commencer à s'épuiser et provoqueront des conflits).
Cela dit, ce rapport n'est qu'une estimation des "tendances" telles qu'elles sont ressenties à un instant donné, beaucoup de choses peuvent arriver qui pourraient changer le cours de l'histoire...
Néanmoins, je pense que c'est le genre de perspective, très possible, qui devrait nous rappeler l'importance d'une Europe unie et forte, mais aussi responsable et juste. Cette Europe ne sera probablement pas là en 2025, mais ce serait bien si on s'en rapprochait le plus possible.
Barack Obama a donné son discours de victoire hier à Chicago, et j'ai vu ça en direct devant ma télé. Je me sens fier d'avoir pu assister à ce moment historique.
Cela dit, je n'ai pas trouvé son discours très original, il a beaucoup répété les slogans de sa campagne, il n'a pas été très concret quand on compare avec le discours triomphal de Nicolas Sarkozy l'an dernier. Par ailleurs, j'ai beaucoup aimé le discours de McCain, qui a été très humble et a essayé de soigner les plaies.
Ici, au boulot, à la maison, tout le monde est content.
Mise à jour: en relisant son discours, je m'aperçois qu'il n'a mentionné l'Afghanistan et l'Irak qu'une seule fois, et n'a pas dit ce qu'il allait changer là-haut. Il n'a cité aucun de ses engagements. A part ça, en parlant de la situation désastreuse des Etats-Unis, il a parlé d'esprit de "sacrifice"! Ah bah ça commence bien le "Yes We Can"!